
Sexisme, critiques et vie familiale : le quotidien complexe des femmes en politique
Kyriaki Michelis, élue à la Ville de Wavre depuis 2012, témoigne des défis liés à son mandat, notamment en ce qui concerne les remarques sexistes qu’elle subit. Elle constate que ces commentaires, bien que souvent banalisés, se concentrent fréquemment sur l’apparence physique des femmes. « Ce sont surtout des remarques sexistes qui sont devenues trop courantes dans l’exercice de la fonction », déplore-t-elle. « Ces remarques peuvent sembler ordinaires, mais elles ramènent toujours au physique », ajoute-t-elle.
Une étude menée par l’Union des villes et des communes de Wallonie révèle que 34,5 % des femmes interrogées ont déjà été confrontées à des comportements sexistes dans le cadre de leur engagement politique. Plus de 40 % d’entre elles avouent avoir hésité à s’exprimer par peur des critiques. « Je me sens toujours déstabilisée. Il y a toujours un jugement par rapport aux femmes mandataires. Il faut toujours deux à trois fois plus de travail pour qu’on se sente légitime », confie Michelis.
Aurore Goyens, également élue à Wavre, aborde un autre aspect des difficultés rencontrées par les femmes en politique : la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. « Je suis maman solo. Être élue locale, c’est aussi beaucoup de temps et d’investissement, qui ne sont pas toujours très compatibles avec la vie de famille », explique-t-elle.
Malgré ces défis, la représentation féminine dans la politique locale en Wallonie montre des signes d’amélioration. Actuellement, les femmes occupent plus de quatre postes de conseillers communaux sur dix. Cependant, leur présence à la tête des communes demeure limitée, avec seulement une bourgmestre sur cinq étant une femme.
