Belgique

Ségrégation sociale : traces au Grand Théâtre de Verviers

L’inscription « Galeries amphithéâtre paradis » sur la façade côté rue du manège signale l’ancien accès réservé aux classes populaires. Le grand balcon, pièce maîtresse de la salle, n’est pas d’origine et a été ajouté douze ans après l’inauguration du théâtre.


** »Galeries amphithéâtre paradis »**. Cette inscription sur la façade du manège indique l’ancien accès réservé aux classes populaires. Les plans révèlent qu’après cette entrée, un escalier dirigeait ce public vers la partie supérieure de la salle, sans croiser les spectateurs ayant acheté des places plus onéreuses.

Selon l’échevin Jean-François Chefneux, cela est caractéristique du théâtre à l’italienne.

L’inscription sera préservée, bien que les circulations séparées aient disparu et ne reviendront pas. « On a décidé de gommer ces traces de la hiérarchie sociale dans le bâtiment même en créant des circulations latérales. » L’échevin souligne qu’il serait inacceptable aujourd’hui de refléter une telle hiérarchie sociale.

La seconde découverte concerne le grand balcon, élément central de la salle, qui n’est pas d’origine. Il a été ajouté douze ans après l’inauguration du théâtre, pour des raisons de prestige : « Verviers voulait avoir un balcon comme à Paris. » Cette révélation est survenue par hasard lors de la réouverture d’une fenêtre intérieure murée depuis des décennies. Cette fenêtre était censée offrir une belle vue sur la scène depuis le grand escalier, mais elle montre en réalité le dessous et l’arrière du balcon ajouté. Les débats du conseil communal confirment la construction tardive du balcon.

Bien entendu, le balcon sera conservé. La fenêtre intérieure restera ouverte, même si la vue vers la scène sera moins attrayante que prévu.