
Restrictions budgétaires wallonnes : entretien peu prometteur entre manifestants et chefs de groupe au parlement
La réunion, qui a duré une bonne heure, a été décrite comme constructive, mais Stéphane Deldicque a indiqué qu’il n’y avait pas de grandes attentes. Au terme de cette première réunion, la délégation devait rencontrer le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, pour interroger sur le budget et les deux milliards que la Région devra économiser d’ici la fin de la législature.

« C’était une réunion constructive, comme on dit, mais nous n’avions pas de grandes attentes« , a déclaré Stéphane Deldicque, vice-président de la CSC Services publics, à l’issue de l’entretien d’une bonne heure. « Ils nous ont écoutés, avec des réponses généralement différentes de celles du MR et des Engagés« .
« Valérie De Bue (la cheffe de groupe libérale) nous a assuré qu’elle entendait et comprenait nos préoccupations, mais que les réformes étaient nécessaires. C’est un peu étrange, étant donné qu’elle était ministre de la Fonction publique au cours de la législature précédente et qu’elle a statutarisé 3.500 personnes. Aujourd’hui, elle nous déclare que des décisions doivent être prises« , a ajouté le représentant syndical.
Comment faire société ?
« Jean-Paul Bastin, chef de groupe des Engagés, a davantage arrondi les angles tout en évitant de toucher aux questions sensibles« , a-t-il poursuivi. « Alors que la cheffe de file du MR s’est retranchée derrière les décisions nécessaires du gouvernement, son homologue des Engagés a affirmé qu’il avait entendu notre message et qu’il le transmettrait aux parlementaires de son parti. Il ne se dissocie pas de l’exécutif mais appelle à une véritable concertation« , a précisé Jean-François Tamellini, secrétaire général de la FGTB wallonne.
« Lors de cette rencontre, nous avons souhaité entendre les représentants de la majorité pour faire entendre la colère des travailleurs et leur montrer l’impact réel de leurs décisions sur la vie des gens« , a-t-il ajouté. « J’ai perçu des discours déterminés de la part des représentants syndicaux, mais exprimés de manière très digne. Ils reconnaissent que des changements doivent se faire, mais expriment beaucoup de souffrances et d’angoisses rencontrées sur le terrain, surtout chez les femmes. Ils estiment que la concertation actuelle ne fonctionne pas et demandent plus de dialogue« , a déclaré Jean-Paul Bastin.
Le chef de groupe des Engagés a également soulevé la question suivante : « comment construire une société en 2026 dans un pays et une région où les ressources publiques diminuent alors que la liste des besoins non satisfaits est longue ? Comment s’assurer que si des efforts doivent être faits, ils le soient par ceux qui peuvent contribuer, sans que ces efforts ne soient contre-productifs ?«
Une résistance constante
Concernant le MR, la majorité, ce dernier affirme que « la porte reste ouverte pour discuter« . « Dès le départ, les personnes qui manifestent aujourd’hui étaient opposées au projet politique que nous soutenons, qui vise à renforcer la Wallonie. Bien entendu, nous comprenons l’inquiétude suscitée par les réformes. Toutefois, nous n’avons pas l’intention de supprimer des emplois. En revanche, nous voulons nous assurer que chaque euro public est bien dépensé« , a souligné Valérie De Bue, cheffe de file des libéraux. « Lors des discussions, nous avons évoqué la suppression du statut des fonctionnaires. Bien qu’ils s’y opposent, ce que je peux comprendre, c’est une réforme initiée par une majorité élue« , a-t-elle précisé.
À l’issue de cette première réunion présidée par le président du parlement Willy Borsus, la délégation devait se réunir avec le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, dans l’intention de l’interroger sur le budget, notamment concernant les deux milliards que la Région doit économiser d’ici la fin de la législature pour rester dans les clous. « Nous avons posé des questions aux chefs de groupe de la majorité sur ce montant. Sans réponse. Nous poserons à nouveau les mêmes questions au ministre-président, mais nous savons déjà que le prochain grand rendez-vous sera en octobre, lors de l’élaboration du budget 2027« , a finalement déclaré Jean-François Tamellini. D’ici là, « notre résistance sera constante« , a-t-il averti.
