Belgique

Procès Falzone : Paolo écope de 27 ans, Antonino de 2 ans

La partie civile ne s’exprime jamais dans les débats sur la peine dans un procès d’assises. L’avocat général requiert 2 ans de prison pour Antonino Falzone et de 24 à 27 ans pour Paolo Falzone.


La partie civile ne prend jamais la parole lors des débats pénaux lors d’un procès d’assises. C’est la loi. Le ministère public est chargé de formuler une accusation et de proposer une peine en fonction des lois en vigueur et de la nécessité de protéger la société. La défense et les accusés peuvent ensuite s’exprimer avant que le jury ne délibère sur la peine.

L’avocat général Gilles Dupuis a commencé ce mardi matin en rappelant que Paolo Falzone a été reconnu coupable de 7 meurtres et 79 tentatives de meurtre. « La somme des crimes dont Paolo Falzone a été déclaré coupable est tout à fait hors du commun ».

Gilles Dupuis s’est adressé aux jurés : « Les faits de meurtres sont ceux les plus grièvement sanctionnés par le Code pénal ». Il a également souligné que des circonstances atténuantes peuvent contribuer à réduire la peine, qui peut aller jusqu’à 30 ans.

Il a expliqué que cette peine maximum peut être modulée selon trois types de circonstances atténuantes :

– L’impératif de sécurité publique
– La gravité des actes commis
– La personnalité de l’accusé

**L’impératif de sécurité publique**

Cet impératif, a expliqué le ministère public, vise à protéger les personnes fragiles de notre société. « Or, il a porté atteinte de manière violente à des personnes faibles », a détaillé Gilles Dupuis. « Il est fondamental de protéger la société de faits aussi graves ».

Pour lui, « l’impératif de sécurité publique nécessite de faire preuve de sévérité à l’égard de Paolo Falzone ».

**La gravité de ce qui a été commis**

Pour résumer la gravité des actes, le magistrat a rappelé la puissance du véhicule : « J’entendrai longtemps, très longtemps le bruit du choc entre ce bolide et le groupe de piétons qui marchait rue des Canadiens ».

Il a aussi évoqué les traumatismes des victimes et le sentiment de culpabilité qui les accompagne ainsi que celui des premiers intervenants qui n’ont pas pu sauver davantage de personnes. « Pour ma part, j’ai été particulièrement marqué par les cris », a reconnu l’avocat général.

Il a poursuivi : « Le carnaval de Strépy ne sera plus jamais le même. Le trouble social provoqué par les crimes de Paolo Falzone est majeur. Et je ne vois pas quelle circonstance atténuante pourrait lui être accordée ici ».

**La personnalité de l’accusé**

Le ministère public a mis en lumière la personnalité de l’accusé, le qualifiant d’autophile, très proche de sa mère qui « mettait à sa disposition des voitures puissantes et onéreuses », notant que le paraître était fondamental dans sa vie : « Comment est-il possible de provoquer la mort d’autrui pour quelques likes sur les réseaux sociaux ? », s’est interrogé l’avocat général.

Il a souligné son arrogance, ainsi que les rabaissements et insultes envers les femmes de son entourage. Il a aussi noté l’absence de témoins amis pour sa défense, conséquence, selon lui, de son caractère égocentrique.

Pour le ministère public, rien dans son enfance ne justifie une circonstance atténuante. Même le fait qu’il soit père n’en est pas une, car il a été « mis au monde en toute connaissance de cause ».

**Le ministère public ne réclame aucune circonstance atténuante**

En résumé, le ministère public ne demande aucune circonstance atténuante.

Au contraire, il a rappelé un antécédent judiciaire : un retrait de permis pour conduite en état d’ivresse et refus de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie.

Il a estimé que « sa mère s’est laissée condamner à sa place en septembre 2022 pour un dépassement de plus de 70 km/h ». Gilles Dupuis a souligné qu’il n’en avait tiré aucune leçon, et a ajouté qu’il avait, en outre, manœuvré pour éviter un second retrait de permis en continuant à rouler rapidement, malgré de nombreux avertissements.

Il n’a également pas noté de progrès depuis les évaluations des experts psychiatriques et psychologiques, soulignant que, selon lui, un tel accident « peut arriver à tout le monde ». L’avocat général a rappelé aux jurés que la loi ne permet pas d’imposer un retrait de permis à Paolo Falzone.

En conclusion, l’avocat général requiert 2 ans de prison pour Antonino Falzone et de 24 à 27 ans pour Paolo Falzone.

Les plaidoiries de la défense suivront, et les accusés auront ensuite une dernière occasion de s’exprimer. Conformément à leur attitude, ils n’ont pas montré d’émotion à l’écoute des réquisitions.