Belgique

Procès Falzone : l’expert automobile ne témoigne pas à l’aise à cette vitesse

Marc Van Lierde, expert automobile depuis 35 ans, traite une centaine de dossiers par an et les cours et tribunaux font régulièrement appel à lui. Selon les premiers calculs de l’expert, la BMW roulait à 141 km/h dans la rue des Canadiens, sachant que les feux stop étaient en clignotement.

Marc Van Lierde, expert automobile depuis 35 ans, traite environ une centaine de dossiers par an et est régulièrement sollicité par les cours et tribunaux.

Il commence son intervention en évoquant la vitesse de la BMW conduite par Paolo Falzone, avant de détailler la méthodologie adoptée, les devoirs accomplis et les constats effectués sur le site, dans le but d’établir une évaluation objective de la vitesse du véhicule. Il indique par exemple qu’une reconstitution a été réalisée de nuit dans un hangar pour analyser la portée des phares. Il a également examiné les données du module airbag, participé à l’audition de Paolo Falzone et pris part à la reconstitution judiciaire des événements.

La procédure de l’expert

« J’ai décidé de me rendre d’abord à la rue Aubry afin de prendre connaissance d’abord de l’état du véhicule« , précise Marc Van Lierde. L’état du véhicule permet à l’expert d’orienter ses recherches sur le site de l’accident, rue des Canadiens. Sur place, il capture 360 photos qui permettront à un logiciel de reconstituer le véhicule en 3D.

D’après les premiers calculs de l’expert, la BMW circulait à 141 km/h dans la rue des Canadiens, les feux stop étant en clignotement (comme sur les Formule 1), ce qui indique que le véhicule était déjà en phase de freinage au moment de cette mesure. Toutefois, en appliquant une autre méthodologie, la vitesse mesurée dans la rue de la Croisette, quelques instants avant, s’élève à 163 km/h.

Les flancs de la voiture de Paolo Falzone présentent à peine de dégât. La majorité des impacts sont constatés sur l’avant du véhicule, selon l’expert. Ces impacts sont typiques des « chocs mous », autrement dit des collisions avec des piétons. « Des traces sur le soubassement sont probablement à attribuer au franchissement du piéton Frédéric d’Andréa« . Des traces de sang sont également relevées. Les dégâts du véhicule sont minutieusement analysés, photos à l’appui.

Je peux vous dire qu’à cette vitesse-là, je n’étais pas à mon aise, je me suis dit : ici, s’il y a un piéton qui déboule…

L’expert a réalisé une vidéo qu’il présente à la cour. Cette vidéo montre une BMW ayant une puissance de base similaire à celle de Paolo Falzone (sans modifications). Le test est filmé avec une caméra GoPro. Les images sont inquiétantes et suscitent ce commentaire de Marc Van Lierde : « Je peux vous dire qu’à cette vitesse-là, je n’étais pas à mon aise, je me suis dit : ici, s’il y a un piéton qui déboule…« 

L’expert explique par la suite pourquoi les airbags ne se sont pas déclenchés (le module airbag n’enregistre pas une décélération suffisante pour conclure qu’un choc est imminent). Marc Van Lierde résume que l’on peut estimer que le choc s’est produit à une vitesse de 105 km/h.

La suite de son exposé devrait permettre de déterminer les données de freinage.