61 % des Français souhaitent une « mise en pause » des politiques écologiques.
61 % des Français pensent qu’en période de crise, « les responsables politiques devraient avant tout s’occuper de l’économie et de l’emploi, et moins d’environnement ». Au mois de mai, 83 % des Français se disent désormais « moins confiants » en l’avenir de la situation économique de la France.
L’économie et l’emploi au centre des préoccupations des Français, au détriment des enjeux environnementaux ? D’après un sondage mené par Odoxa pour AGIPI, Challenges et BFM Business, publié ce jeudi, 61 % des Français estiment qu’en période de crise, « les responsables politiques devraient avant tout s’occuper de l’économie et de l’emploi, et moins d’environnement »*.
En revanche, seulement 37 % considèrent qu’il est nécessaire de continuer les politiques de protection de l’environnement qui restent prioritaires. « Un retournement total de tendance par rapport à ce que nous enregistrions depuis cinq ans », déclare Gaël Sliman, président d’Odoxa, dans un communiqué.
### La croissance et l’emploi devant l’environnement
« Depuis 2021, six Français sur dix pensaient exactement l’inverse et souhaitaient que l’on poursuive les politiques d’environnement malgré la crise. Nous revenons ainsi à un niveau encore plus bas que celui que nous mesurions il y a onze ans », analyse le dirigeant d’Odoxa. Pour retrouver une tendance analogue, il faut remonter à 2015. Dans un sondage Odoxa effectué pour Le Parisien, 50 % des Français affirmaient alors qu’en période de crise, les politiques devaient principalement se concentrer sur la croissance et l’emploi, et moins sur l’environnement.
« De plus, à l’époque, la part des personnes souhaitant cette « pause » était bien moins élevée qu’aujourd’hui », précise-t-il. Cinq ans plus tard, le sentiment que l’action environnementale n’est pas compatible avec la croissance et l’emploi était devenu majoritaire. La crise au Moyen-Orient a donc engendré une crise énergétique significative, qui a eu un impact négatif sur les politiques de protection de l’environnement.
### Le nucléaire plébiscité au détriment de l’éolien
Autre conséquence : les énergies renouvelables. La tendance penche en faveur du nucléaire, au détriment de l’éolien. « Avec 50 % de citations, le nucléaire s’impose plus encore qu’auparavant en tête des sources d’énergies à privilégier à l’avenir. Il progresse de 4 points en moins de quatre ans, devançant désormais de 9 points la source d’énergie citée en deuxième position, le photovoltaïque », précise le sondage.
L’éolien arrive quant à lui en troisième position parmi les types d’énergies à privilégier. « Depuis cinq ans, une majorité de Français ne souhaite pas qu’une éolienne soit installée à proximité de chez eux », souligne Gaël Sliman. Parmi les plus fervents opposants, on trouve les habitants des petites villes et des zones rurales, directement concernés par l’implantation d’éoliennes. Ils sont désormais 55 % à s’opposer à leur déploiement.
Cependant, le désir d’investir dans l’éolien à long terme augmente de 2 points par rapport à 2022. « Les Français continuent de penser qu’à l’avenir, la France devrait avant tout privilégier le développement de l’ensemble des énergies renouvelables plutôt que l’énergie nucléaire », insiste le président d’Odoxa.
### Les Français plus pessimistes qu’il y a six ans
« Le moral économique des Français reste « scotché » à des niveaux abyssaux », conclut le président d’Odoxa. En mai, 83 % des Français se disent désormais « moins confiants » en l’avenir de la situation économique de la France. « Une tendance structurelle, car depuis la dissolution, nous mesurons, en moyenne, plus de 80 % de pessimisme », souligne-t-il.
À la crise climatique s’est donc ajoutée la crise énergétique, éclipant pour une majorité de Français l’urgence d’agir face à l’effondrement de la biodiversité et au dérèglement climatique global. Une très mauvaise nouvelle pour les êtres vivants.
(*) Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par Internet les 29 et 30 avril 2026.

