Belgique

Pénurie de médecins : stratégies pour attirer plus de généralistes.

Le jeudi 27 août, le concours d’entrée en médecine et dentisterie se tiendra, avec des perspectives d’admission très limitées. En effet, seulement un étudiant sur cinq inscrit sera retenu, soit 1 462 futurs médecins et 186 dentistes. Ce concours se déroule dans un contexte préoccupant de pénurie de médecins.

Dominique Henrion souligne que cette situation résulte en grande partie de décisions politiques. Selon lui, les politiques de planification instaurées depuis 1997 ont contribué à transformer une situation de quasi-saturation en une pénurie manifeste. Il déclare : « On est parti d’une quasi-pléthore à une situation de pénurie. Donc, c’est une situation purement créée par les mesures politiques. »

Un autre enjeu majeur pour les décideurs est la prévision des besoins en santé. Former un médecin nécessite une décennie d’études, rendant difficile l’anticipation des besoins de la population ainsi que des aspirations des futurs praticiens. Actuellement, la planification est compliquée par le fait que le nombre de médecins en exercice ne permet pas d’évaluer correctement l’offre de soins. Pascaline d’Otreppe explique : « Je voyais encore un graphique de la commission de planification qui montrait une augmentation en termes de population de médecins. Mais en fait, quand on regarde en termes d’équivalent temps plein, on stagne. » Elle insiste sur l’importance de considérer des facteurs tels que le temps de travail et les spécialités des médecins, notant que les spécialistes sont désormais plus nombreux que les généralistes.

Pour remédier à cette pénurie de médecins généralistes, Dominique Henrion évoque également un manque de vocation chez les étudiants. Il constate que la médecine générale est souvent moins valorisée dans le cursus universitaire, qui reste très orienté vers l’hôpital. « Il faut vanter la médecine générale plutôt que la médecine hospitalière. Et ça passe, entre autres, par les universités où tous les enseignants sont évidemment largement des spécialistes. Je pense qu’il faut un petit peu changer ça », affirme-t-il.

Henrion plaide pour encourager les stages en médecine générale, afin de familiariser les étudiants avec cette spécialité. Il espère que ces expériences pourront susciter des vocations, notamment en médecine rurale, en incitant les étudiants à s’installer dans des zones où la demande est forte. « Il y a moyen de créer des stages volontaristes dans des zones en pénurie, par différents moyens, et pas que des moyens financiers, mais vraiment des moyens volontaristes. Et ça fonctionne », conclut-il.

Pour approfondir ces réflexions, écoutez l’intégralité de la discussion dans le podcast du Monde en direct.