
Paris limite la consommation d’alcool en cas de chaleur : dangers et conseils.
Les températures dépassent les 35 °C par endroits, et il est conseillé de ne pas dépasser 10 unités d’alcool par semaine, soit un verre « classique », tout en prévoyant au moins 2 jours sans alcool par semaine. Le Centre de crise National (NCCN) a fourni des recommandations pour faire face aux fortes chaleurs, conseillant notamment d’éviter la consommation d’alcool.
Les Belges sont préoccupés par la vague de chaleur qui s’est abattue sur le pays. Des températures dépassant les 35 °C sont enregistrées par endroits et avec l’approche du week-end, nombreux sont ceux qui envisagent de se détendre sur les terrasses ou dans leur jardin, souvent avec un verre à la main. L’idée de déguster un cocktail frais ou une bière peut sembler attrayante pour se rafraîchir. Cependant, la consommation d’alcool en période de forte chaleur présente des risques accrus.
De multiples dangers
« L’alcool ne fait pas bon ménage avec la chaleur », prévient d’emblée Marianne Schoofs, médecin généraliste. « L’alcool présente déjà un risque de base, mais il est amplifié avec la chaleur », ajoute-t-elle, elle-même formée en alcoologie.
« L’alcool va avoir un effet diurétique, ce qui va aggraver la déshydratation. »
Bien que boire un verre d’alcool frais puisse donner l’illusion de se rafraîchir, c’est en réalité le contraire, précise la médecin : « L’alcool va avoir un effet diurétique, ce qui va aggraver la déshydratation. Et tout ça peut avoir un effet ‘boule de neige’ et mettre les gens dans des situations où l’alcool a un effet beaucoup plus fort que d’habitude. L’alcool va être davantage concentré dans le sang et va avoir des effets plus rapides », révèle-t-elle.
Quels sont les signaux d’alerte ?
Plusieurs signes peuvent alerter sur une déshydratation. « En général, cela commence par une sensation de soif et la sécheresse de la bouche et des lèvres », détaille Marianne Schoofs. Les symptômes peuvent également s’aggraver. « Cela va dépendre de la sévérité, mais on peut avoir des phénomènes de somnolence, de la fatigue anormale, des maux de tête, des vertiges ou encore une baisse de concentration », ajoute-t-elle.
Il est donc important de rester attentif aux signes corporels d’alerte, tels que malaise, forte fièvre, nausées, maux de tête, et de contacter son médecin si nécessaire.
Les personnes à risque doivent redoubler d’attention, notamment les personnes âgées ou celles ayant des comorbidités comme des problèmes rénaux, les patients diabétiques ou ceux souffrant de polyurie.
Quels conseils ?
Le conseil de base est d’éviter la consommation d’alcool lors de fortes chaleurs et de privilégier l’eau et les boissons sans alcool. Si toutefois vous choisissez de consommer de l’alcool, limiter votre consommation est essentiel. Il est recommandé « d’essayer de ralentir le rythme et de se fixer une limite de verres à consommer pendant la soirée », conseille Marianne Schoofs.
Selon le Conseil Supérieur de la Santé (CSS), il est conseillé de ne pas dépasser 10 unités d’alcool par semaine, soit un verre « classique », tout en prévoyant au moins 2 jours sans alcool par semaine ; et de se limiter à deux verres maximum par jour.
Ces recommandations ne sont pas toujours suivies, en particulier lors d’événements ponctuels ou durant le week-end. Pour éviter la consommation excessive, notamment le binge drinking, il est conseillé de ne pas dépasser 4 verres maximum sur une période de deux heures pour les femmes, et 6 pour les hommes.
En période de chaleur, Marianne Schoofs préconise de « diviser par deux » la consommation et de se limiter à 3 unités maximum, tout en « s’hydratant entre chaque verre avec une boisson non alcoolisée, de préférence de l’eau. »
Si des signes de déshydratation apparaissent, elle recommande « de consommer de l’eau avec des électrolytes – en buvant des boissons ‘sportives’ du type ‘Aquarius’ – car cela peut aider à compenser la perte de sel par la transpiration. »
Des mesures prises en France, la Belgique emboîte timidement le pas
Les fortes chaleurs chez nos voisins français ont conduit les autorités à agir. Face à la saturation des hôpitaux parisiens, le préfet de police a décidé de réglementer la consommation d’alcool sur la voie publique, interdisant la vente à emporter d’alcool.
En Belgique, aucune mesure similaire n’a été prise. Néanmoins, le Centre de crise National (NCCN) a fourni des recommandations pour faire face à la chaleur, conseillant notamment d’éviter l’alcool.
Sur le plan local, certains gouvernements provinciaux ont appelé leurs citoyens à modérer leur consommation d’alcool et à éviter les comportements à risque pour ne pas surcharger les hôpitaux.
À Liège, le gouverneur de province, Hervé Jamar, a émis un arrêté de police en vigueur jusqu’au 28 juin, demandant aux organisateurs d’événements de « s’adapter, de protéger leurs équipes et les participants », en garantissant l’accès à de l’eau potable gratuite et fraîche, tout en sensibilisant aux risques liés à la chaleur et en renforçant les dispositifs médicaux.
À Bruxelles, la région a intensifié sa campagne de sensibilisation face aux chaleurs extrêmes attendues. Les autorités régionales ont rappelé les mesures de prévention et ont déployé le système Be-Alert pour informer la population.
