Mobilisation des enseignants et élèves : critique de la méthode policière.
Dès le matin, plusieurs milliers de manifestants convergent devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rue des Colonies, avant le début de la séance plénière programmée à 14 heures. Le parquet de Bruxelles annonce ce vendredi 14 arrestations, 6 personnes majeures et 8 personnes mineures, « pour des faits de port d’arme prohibée, dégradations, coups et blessures, rébellion ou tentative d’incendie criminel ».
Dès le matin, une forte tension se fait ressentir dans les rues de Bruxelles. Avant même le début de la séance plénière prévue à 14 heures, plusieurs milliers de manifestants se rassemblent devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rue des Colonies, surveillés de près par la police.
Plus loin, près de la Gare centrale, des premiers incidents éclatent. Une poignée d’individus masqués tirent des feux d’artifice et endommagent du mobilier urbain en marge de la manifestation. Un incendie est même allumé au milieu de la route. La police utilise une autopompe pour disperser la foule.
Aux abords du Parlement, les élus de la majorité, qui se dirigent à pied vers la zone neutre, sont lourdement hués par les manifestants. C’est notamment le cas d’Yvan Verougstraete, président des Engagés, qui est pris à partie par un groupe de contestataires.
À l’ouverture de la plénière, la tension monte encore d’un cran. Une alarme incendie retentit à l’intérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, suite à l’intrusion d’un petit groupe qui y a lancé un fumigène. Les forces de l’ordre parviennent rapidement à repousser ce dernier à l’extérieur, tandis que d’autres manifestants se positionnent devant la porte pour empêcher toute nouvelle entrée.
Au plus fort des tensions, la police agit de manière musclée, pulvérisant des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui sont progressivement repoussés vers la Gare centrale. Une vidéo montre un parent d’élève tentant d’intervenir lors d’une arrestation, se faisant repousser avant de recevoir un coup de matraque. Peu après, un policier plaque la dame au sol et l’emmène brutalement.
Une fois le calme revenu, certains enseignants témoignent d’une intervention policière qu’ils jugent excessive. « Beaucoup, beaucoup de répression policière, souvent injustifiée », déclare Gilles, professeur d’histoire et de géographie. Bien qu’il n’ait pas été personnellement frappé, il évoque l’usage de gaz et les nombreuses charges de la police pour repousser continuellement les manifestants.
De manière générale, la gestion des événements est remise en question. La foule était contenue aux abords du Parlement, rue des Colonies, dans ce qu’on appelle la zone neutre, où manifester est interdit en raison de la proximité avec les institutions.
Le dispositif moins rigide a-t-il favorisé les débordements, comme l’intrusion dans le Parlement, et compliqué l’évacuation de la zone ? À ce stade, le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), décline de répondre aux questions.
En ce qui concerne les répercussions de ces événements, le parquet de Bruxelles annonce 14 arrestations ce vendredi, dont 6 majeures et 8 mineures, « pour des faits de port d’arme prohibée, dégradations, coups et blessures, rébellion ou tentative d’incendie criminel ».
La police de Bruxelles-Capitale/Ixelles a défendu son action par communiqué : « Lors de l’intervention des pompiers sur des infrastructures incendiées, ceux-ci ont dû quitter immédiatement les lieux, car ils étaient pris pour cible, notamment par des feux d’artifice et d’autres projectiles. En raison de l’ampleur de l’incendie à la gare de Bruxelles-Central, où des dizaines de vélos électriques et de trottinettes ont été incendiés, une intervention policière était nécessaire pour éteindre le feu. Les bâtiments environnants et les personnes présentes dans les environs étaient clairement menacés, tout comme la santé publique à cause des fumées toxiques. »
La police reconnaît avoir utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, mais précise que « des images et des témoignages circulent, notamment sur les réseaux sociaux, affirmant que la police aurait fait usage d’une force excessive. Nous souhaitons souligner que ces images ne représentent souvent qu’un instantané et sont souvent décontextualisées. En tant que zone de police, nous nous efforçons de garantir la sécurité de tous. »
La police regrette qu’une « partie de la manifestation ait dégénéré » et estime que des « fauteurs de troubles se sont mêlés aux personnes présentes dans le seul but de commettre des actes de vandalisme ».

