Belgique

Maxime Prévot en Ukraine : visite du ministre des Affaires étrangères à Tchernihiv

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a récemment exprimé son soutien aux victimes de Yahidne, un village ukrainien de 300 habitants, tristement célèbre pour avoir été le théâtre de souffrances inouïes lors de l’invasion russe. Deux survivants, Ivan et son fils Valeriy, ont partagé leur expérience traumatisante : pendant 27 jours, 135 personnes ont été contraintes de vivre dans un sous-sol d’école, privées de lumière, souffrant de la faim et subissant des traitements cruels. Pendant ce temps, l’armée russe a établi son quartier général à proximité, utilisant ces habitants comme boucliers humains. Au cours de cette période, dix personnes ont perdu la vie, certaines exécutées, tandis que quinze autres ont été tuées dans les environs.

Malgré les tentatives du ministre russe des Affaires étrangères de qualifier ces événements de mise en scène, le récit a suscité une réaction internationale forte, incitant les autorités locales à ériger un mémorial en hommage aux victimes. Le gouverneur de la province, Viacheslav Chaus, a souligné l’importance de préserver la mémoire de ces atrocités, en affirmant que « ce genre d’horribles choses s’est produit partout dans la région, mais c’est sans doute ici qu’elles ont été les plus marquées ». Dans le livre d’or du mémorial, Prévot a noté que « même si les mots n’effaceront pas la douleur, nous devons nous assurer que la vérité ne soit pas oubliée ».

Alors que Yahidne souffrait, la ville de Tchernihiv subissait également les assauts de l’armée russe, entraînant la destruction de nombreuses infrastructures et la perte de centaines de vies. Certaines de ces structures ont été reconstruites grâce à l’aide internationale, mais ont été à nouveau endommagées par des attaques récentes. Les autorités ukrainiennes ont montré à Prévot le lycée Mykhaïlo Kotsioubynsky, dont les installations récemment rénovées ont été gravement touchées par une attaque de drones en juin. Le ministre ukrainien de l’Éducation, Andrii Butenko, a déclaré : « La politique des Russes est de tout détruire pour s’assurer que les gens s’en aillent et ne reviennent pas ».

Dans un contexte où le nombre d’élèves a chuté de près de 15 000 en quelques années, les autorités locales s’efforcent de maintenir l’éducation en présentiel, accessible aujourd’hui à 72 % des élèves. Le gouverneur a exprimé ses craintes : « Sans éducation, sans système de santé, les gens vont continuer à s’en aller ». Pour soutenir ces efforts, la Belgique, via son agence de coopération Enabel et la Croix-Rouge flamande, a investi 4 millions d’euros dans la modernisation du centre de transfusion sanguine de Tchernihiv, qui dessert également la province voisine de Soumy. Une fois les travaux achevés mi-2027, le centre pourra traiter 200 unités de sang par jour.

Prévot a également annoncé un partenariat entre Enabel et des entreprises belges pour établir une « Junior Academy » destinée aux élèves de quatre écoles professionnelles de la région. « La reconstruction de l’Ukraine aura besoin de personnes qualifiées dans tous les secteurs », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de préparer les jeunes à l’emploi pour la reprise du pays. Enfin, le ministre a visité l’école de Novi Petrivsti, qui a pu rouvrir après sept ans de fermeture grâce à l’installation d’abris, essentiels pour l’enseignement en présentiel.

La Belgique, en collaboration avec la Finlande, a pris l’initiative de créer une coalition internationale pour construire des abris. « Nous en avons besoin d’un grand nombre. Tous les jours, des jardins d’enfants, des écoles, des universités sont détruites », a déclaré Butenko, mentionnant même le début de la construction d’écoles souterraines dans des zones comme Kharkiv ou Zaporijia.