Manifestation à Bruxelles contre les violences policières, gaz lacrymogène utilisé.
Un millier de personnes, composé en grande partie de jeunes et de professeurs, s’est massé aux abords de la Gare centrale pour manifester contre les réformes dans l’enseignement. La police a procédé à une quinzaine d’arrestations lors de la manifestation, qui a eu lieu jeudi dernier à Bruxelles.
Plus tôt dans la journée, environ un millier de personnes, composées majoritairement de jeunes et de professeurs, se sont réunies aux abords de la Gare centrale pour exprimer leur opposition aux réformes de l’enseignement.
Parmi les manifestants, on a compté une petite dizaine d’enseignants en gilet jaune, portant sur le dos l’inscription « prof ». Ils étaient présents dans un esprit d’apaisement, cherchant à dialoguer avec les jeunes et à distribuer des fioles de sérum physiologique en prévision de potentielles confrontations avec la police.
La manifestation, globalement tranquille et pacifique, a tout de même connu des incidents, notamment l’incendie rapide d’une poubelle par un policier utilisant un extincteur. Des manifestants ont également mis le feu à plusieurs vélos et trottinettes électriques entassés au sol.
D’après des journalistes sur place, le rassemblement s’est ensuite déplacé vers le palais de justice, en réaction aux nombreux témoignages de violences policières survenues lors de manifestations contre les mesures d’économie touchant l’enseignement la semaine précédente.
La foule, principalement composée d’adolescents, de professeurs et d’autres organisations de la société civile, a emprunté la rue de la Régence en direction du Mont des Arts, près de la gare centrale, atteignant ce lieu vers 17h30. Des dispositifs anti-émeute étaient positionnés à distance du rassemblement.
Des premiers jets de pavés ont été observés, entraînant un renforcement de la présence policière, qui a ensuite fait usage de gaz lacrymogènes et d’une autopompe pour disperser les manifestants dans la rue Saint-Jean. Une chaîne humaine s’est formée entre les manifestants et la police dans un effort de désescalade.
Lors de ce rassemblement, de nombreuses personnes, enseignants et jeunes, ont partagé des témoignages concernant les violences observées lors des manifestations précédentes. Un professeur a évoqué : « J’ai vu des élèves, qui auraient pu être les miens, se faire tabasser par la police. » Une jeune témoin a ajouté : « Moi ce qui m’a choqué, ce sont les professeurs se tenant par la main pour protéger les élèves face à la police. »
Des avocats, présents en tant que voisins de la manifestation débutée près du palais de justice, ont aussi souhaité empêcher de nouvelles violences. Stéphane Gothot, président d’Avocat.be, a indiqué : « Ce qui m’a interpellé, c’est surtout la violence envers les mineurs. » Il a affirmé que leur but était de veiller au respect de la liberté d’expression et de manifestation.
Bien que la police fût présente, plusieurs manifestants ont remarqué qu’elle était d’abord éloignée. Une jeune a déclaré : « Il y a quelques jours, ils étaient au taquet. Sauf que là, je n’en vois presque pas. » Ce sentiment a été corroboré par les journalistes sur place, qui ont constaté que la police se tenait à l’écart pour limiter les tensions. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que des affrontements ont eu lieu, avec des projectiles visant la police et l’utilisation de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Le jeudi précédent, enseignants et élèves avaient massivement protesté dans les rues de Bruxelles contre le vote d’un décret-programme au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux dénoncent des violences policières et l’usage disproportionné de la force pour disperser une foule composée en grande partie d’adolescents, entraînant une quinzaine d’arrestations.
Les collectifs à l’origine du rassemblement de ce jour-là ont pointé que des policiers avaient qualifié des jeunes de « sauvages », de « petites putes », et de « gauchiasses ». Des remarques jugées racistes et sexistes, rappelant les dérives de l’extrême droite.
La Ligue des droits humains (LDH) a qualifié la réaction policière de « disproportionnée », soulignant que la présence de nombreux adolescents devait inciter les forces de l’ordre à davantage de retenue. Face aux images largement diffusées, la Ville de Bruxelles a annoncé l’ouverture d’une enquête, en particulier suite à la diffusion d’extraits où des policiers profèrent des propos racistes et sexistes.
Une vidéo montre même le symbole Deus Vult (« Dieu le veut », faisant référence aux Croisades et utilisé par des groupuscules d’extrême droite) sur l’équipement d’un policier.

