Belgique

Malades de longue durée : offensive des mutuelles en cours

Les mutualités subissent un assaut politique, notamment de la part des partis de droite du gouvernement, le MR et la N-VA, ainsi que des partis du centre comme le CD&V, Les Engagés et même Vooruit. Selon l’INAMI, environ un quart des personnes analysées dans les deux catégories de malades étudiées étaient aptes à retravailler.

Assaut politique contre les mutualités

Les mutualités font face à une pression politique croissante, notamment de la part des partis de droite au sein du gouvernement, le MR et la N-VA, mais également des partis centristes tels que le CD&V, Les Engagés et même Vooruit.

Cette offensive a été relancée par la publication récente d’un sondage de l’INAMI. L’INAMI, qui a examiné près de 1000 dossiers l’année dernière, a évalué des jeunes de moins de 28 ans et des adultes de moins de 40 ans souffrant de troubles psychiques. Selon leurs conclusions, environ un quart des personnes dans ces catégories seraient susceptibles de reprendre une activité professionnelle. Ces chiffres sont considérés comme plus récents et plus fiables que ceux des études antérieures de l’INAMI, qui avaient déjà suscité des débats.

Les mutualités sur la défensive

Les mutualités, face à cette situation, s’expriment pour rappeler que l’interprétation de ces chiffres doit être prudente. En effet, l’étude porte sur deux catégories de patients particulièrement complexes — les troubles psychiques — et ne peut donc pas être généralisée à l’ensemble des personnes en incapacité. De plus, elles soulignent que les diagnostics médicaux peuvent varier considérablement, ce qui entraîne une grande marge d’interprétation.

Coup de pression même de Vooruit et des centristes

Cependant, cette situation est suffisante pour que le gouvernement intensifie sa pression sur les mutuelles. L’objectif est de réduire le nombre de malades de longue durée, qui est particulièrement élevé en Belgique et qui continue d’accroître le déficit budgétaire.

Le MR et la N-VA sont les plus actifs dans cette démarche. Néanmoins, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, socialiste flamand, a récemment modifié son discours en déclarant : « Les mutualités vont devoir se réinventer totalement. Si elles ne le font pas maintenant, elles n’ont plus d’avenir« . De leur côté, les centristes commencent également à élever le ton. La députée Isabelle Hansez a évoqué que « le statu quo n’est plus possible. Afin d’assurer la soutenabilité de l’État social actif, les mutualités devront évoluer en profondeur« .

Débat très politique sur le contrôle des malades de longue durée

Ce débat prend une tournure très politique, et l’enjeu est l’avenir même des mutualités. L’idée serait que l’INAMI reprenne directement ses prestations.

Dans cette discussion très politique, une réalité persiste : pour contrôler plus de 500.000 malades, les mutualités ne disposent que de 250 médecins-conseils. Ce manque de personnel n’est pas dû à un désintérêt, mais à la difficulté de recruter. Peu de médecins, après avoir terminé de longues études, souhaitent occuper un poste jugé ingrat, consistant à évaluer en une vingtaine de minutes la capacité d’un individu comparée à celle d’une personne ayant la même formation.

Il est difficile d’imaginer comment l’État pourrait attirer davantage de médecins dans ce domaine. Par ailleurs, il faut aussi considérer la capacité du marché du travail à réinsérer des personnes en situation de handicap, âgées ou vulnérables, qui, en théorie, pourraient retravailler. En conclusion, le débat sur le rôle des mutualités dans la hausse des incapacités de travail est légitime et celles-ci doivent rendre des comptes. Toutefois, derrière les mutualités se cache une réalité bien plus complexe.