
L’Iran attaque des centrales électriques et de dessalement au Koweït.
Le 17 juin, un protocole d’accord a été signé entre l’Iran et les Etats-Unis, et depuis, des échanges de frappes quotidiens ainsi que des incidents maritimes ont eu lieu au Moyen-Orient. Selon les autorités de la province d’Hormozgan, au moins trois personnes ont été tuées et huit blessées par des frappes américaines dans cette région.
Un mois après la signature, le 17 juin, d’un accord entre l’Iran et les États-Unis qui devait initier des discussions de paix, la situation au Moyen-Orient s’est aggravée, marquée par des frappes quotidiennes et une série d’incidents maritimes.
Le Commandement américain pour la région (Centcom) a annoncé avoir frappé des « sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes » en Iran, sans cibler des installations civiles.
Les autorités de la province d’Hormozgan, au sud de l’Iran, ont rapporté que ces frappes américaines avaient fait au moins trois morts et huit blessés, touchant également deux ponts et un tunnel routier, selon l’agence officielle Irna.
Toujours d’après Irna, les bombardements ont touché les villes d’Ahvaz et Bouchehr (sud-ouest), Bandar Abbas, l’île de Qeshm, Lar, Darab (sud), et Yazd (centre).
Depuis le début des hostilités entre Téhéran et Washington, plus de cinquante civils ont été tués en Iran, d’après un porte-parole du ministère iranien de la Santé sur X. Plus de cinq cents personnes ont également été blessées.
Selon ce porte-parole, 460 personnes sont sorties de l’hôpital, tandis que 37 sont encore en soins. Le gouvernement irakien communique principalement sur les pertes civiles, et aucune information officielle n’est disponible concernant les pertes militaires.
En représailles, l’armée iranienne, citée par la télévision d’État, a déclaré avoir attaqué le camp militaire d’Al-Adiri et la base d’Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que la base aérienne d’Al-Azraq en Jordanie et celle de Sheikh Isa à Bahreïn, accusant l’armée américaine d’utiliser ces installations pour frapper son territoire.
Un responsable de l’état-major jordanien a déclaré que les « défenses aériennes ont intercepté et abattu 10 missiles iraniens visant le territoire du Royaume », qui n’ont causé ni victimes ni dégâts.
Au Koweït, l’armée a rapporté faire face à « des attaques de drones hostiles ». Les sirènes d’alerte ont également retenti à Bahreïn, selon le ministère de l’Intérieur. Le Koweït a signalé qu’une de ses centrales électriques et de dessalement d’eau avait été attaquée par l’Iran, la deuxième fois en 24 heures.
Ces attaques, qui ont visé Bahreïn, la Jordanie et le Koweït, ont été dénoncées comme des « crimes de guerre » par le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a menacé que Téhéran entrerait dans « une phase d’offensive totale » si les frappes américaines se poursuivaient au-delà de « deux ou trois jours ».
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont averti que les frappes « se poursuivront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz », où le trafic maritime est pratiquement à l’arrêt.
Ce détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, est bloqué par l’Iran depuis plus d’une semaine, suite à la reprise des hostilités avec les États-Unis. Ces derniers ont réimposé un blocus sur les ports iraniens en réponse.
Les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir « stoppé » quatre navires tentant de traverser le détroit sans leur autorisation, où, selon Téhéran, deux pétroliers ont sauté sur des mines.
« Au cours des dernières heures, quatre navires en infraction, soutenus par l’armée terroriste américaine, ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz, et les quatre navires ont été stoppés dans une opération combinée de missiles et de drones », ont indiqué les Gardiens, d’après la télévision d’État.
Ils ont également rapporté que « deux pétroliers, qui essayaient de passer dans le champ de mines au sud du détroit d’Ormuz, trompés par les services de renseignement américains, ont explosé et pris feu », sans préciser la nationalité des navires ni s’il y avait des victimes.
Le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a démenti ces affirmations en affirmant que « comme la plupart des revendications du Corps des gardiens de la Révolution islamique, ceci est faux », sans fournir d’autres détails.
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril.
Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains contre l’Iran, le conflit a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et a eu un impact considérable sur l’économie mondiale.
David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, a analysé que « le détroit d’Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants, la logique de l’escalade leur échappant de plus en plus », soulignant le « risque d’une confrontation régionale plus large ».
