
L’été cinéma d’Hugues Dayez : 1984, « L’année des méduses » avec Valérie Kaprisky
L’année des méduses, sorti en 1984, met en scène Valérie Kaprisky dans le rôle de Chris, une jeune fille de bonne famille. Valérie Kaprisky a été choisie à l’âge de vingt ans pour jouer aux côtés de Richard Gere dans « Breathless/ A bout de souffle made in USA », le remake américain d’un film de Jean-Luc Godard.
Pour « L’année des méduses », Frank s’inspire d’un autre de ses livres. Il y peint le portrait de Chris, une jeune fille issue d’une famille aisée, pleinement consciente de son pouvoir de séduction et souvent provocante. Pendant ses vacances à Saint-Tropez, elle s’éprend d’un playboy plus âgé, Romain, interprété par Bernard Giraudeau, mais celui-ci semble davantage intéressé par la mère de Chris, Claude, jouée par Caroline Cellier. Un triangle intrigant se dessine sous le soleil de la Côte d’Azur.
Chris est Valérie Kaprisky. Au début des années 80, cette jeune actrice, ayant grandi à Cannes, devient le nouveau sex-symbol du cinéma français. En 1982, à seulement vingt ans, elle est choisie pour jouer aux côtés de Richard Gere dans « Breathless/A bout de souffle made in USA », un remake américain du film de Jean-Luc Godard. Elle enchaîne ensuite avec un rôle provocateur dans « La femme publique » de Zulawski, qui lui vaut une nomination aux César.
Elle se retrouve ensuite en vedette dans « L’année des méduses ». Trois rôles marquants, tous très dénudés. Dans l’univers cinématographique avide d’étiquettes, Valérie Kaprisky est désormais étiquetée, sélectionnée pour sa beauté et son talent d’actrice. Elle tente ensuite la comédie avec Philippe de Broca dans « La gitane », où elle charme Claude Brasseur.
Quand Sélim Sasson lui pose la question, lors du Festival de Bruxelles, sur son souhait qu’on écrive pour elle, sa réponse est immédiate : « Non, mais je ne veux pas qu’on écrive pour moi. Je veux qu’on écrive des rôles que je pourrais jouer, mais je ne veux pas qu’on écrive des rôles que j’aurais déjà faits. Je veux dire par là que si des gens que je ne connais pas écrivent des rôles pour moi, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’ils écrivent en pensant à ‘La femme publique’, à ‘L’année des méduses’, à ‘La gitane’. Donc en s’inspirant de rôles que j’ai déjà incarnés. Donc ça, ça ne m’intéresse pas. »
Lorsqu’on lui demande si elle a des conseillers pour le choix de ses rôles ou si elle ne se fie qu’à son instinct, elle répond : « Non, je suis très indépendante, j’aime ma liberté, je ne me fie qu’à mon instinct. Ce sont des rôles toujours de femmes volontaires, ça c’est sûr. Je ne pourrais pas jouer une fille faible, influençable, nunuche, molle, non. Non, je suis quand même plus attirée par les rôles de femmes plus dynamiques, plus actives, mais pas des féministes, attention, des femmes romantiques quand même. Mais des femmes romantiques qui ne comptent pas sur les autres, vraiment. »
En réalité, Valérie Kaprisky commence à réaliser qu’elle s’est piégée elle-même en accumulant des rôles de femmes fatales dans des drames érotiques. Elle tentera de changer de registre avec des films historiques comme « Milena », où elle incarne une jeune femme ayant une correspondance régulière avec Franz Kafka, ou encore « Mon ami le traître », un drame sur l’épuration. Cependant, aucun de ces films ne rencontrera le succès commercial escompté, et Kaprisky ne retrouvera jamais le sommet du box-office, même si elle a marqué les années 80.
