
L’Etat investit plus de 10 milliards d’euros dans les énergies fossiles : économies possibles pour le gouvernement ?
Le dernier rapport sur les subventions aux énergies fossiles, le cinquième du genre, met en lumière l’ampleur des aides financières allouées par l’État belge. Réalisé par plusieurs services publics fédéraux, dont le SPF BOSA, ce document de près de 200 pages a pour objectif d’examiner les dépenses publiques et d’identifier d’éventuelles économies. Les experts soulignent que ces subventions, en rendant les combustibles fossiles plus attractifs, freinent la transition vers des alternatives durables. Ils insistent sur la nécessité de réformer ces aides, notamment dans un contexte budgétaire tendu et face aux objectifs climatiques à atteindre.
Le montant total des subventions aux énergies fossiles s’élève à environ 10,8 milliards d’euros, selon les données de l’inventaire publié en 2026. À cela s’ajoutent 225 millions d’euros de subventions indirectes, 3,1 milliards d’euros de subventions nuisibles pour l’environnement et 1 milliard d’euros destinés aux secteurs internationaux. Ces aides se manifestent sous différentes formes, telles que des réductions fiscales ou des exonérations spécifiques, qui, selon la Commission européenne, ne favorisent pas l’atteinte des objectifs climatiques.
Le rapport appelle à une évaluation rigoureuse de ces dispositifs d’aide, en se demandant s’ils contribuent à une gestion durable des ressources publiques et à l’atteinte des objectifs sociaux. Plusieurs pistes de réformes sont envisagées, notamment dans le secteur des voitures de société, où la fiscalité avantageuse est jugée inefficace. Les experts estiment qu’une réforme pourrait générer des économies significatives, allant jusqu’à 2,8 milliards d’euros d’ici 2030.
D’autres domaines, comme le diesel professionnel, sont également pointés du doigt. Actuellement, les transporteurs peuvent récupérer une partie des accises, ce qui représente un coût de 558 millions d’euros en 2024. Une suppression progressive de cet avantage est suggérée. De plus, un alignement des taux d’accises sur le gaz et l’électricité pourrait rapporter jusqu’à 450 millions d’euros par an.
Les experts insistent sur le fait que la liste des mesures à réformer n’est pas exhaustive. Ils recommandent de ne pas supprimer tous les soutiens existants, mais plutôt de distinguer ceux qui nécessitent une transformation de ceux qui doivent être abolis. Les aides sociales, par exemple, devraient être maintenues si elles protègent les ménages vulnérables, mais leur ciblage doit être réévalué.
Le gouvernement De Wever est désormais confronté à la tâche de prendre en compte ces recommandations alors qu’il se prépare à un conclave budgétaire pour trouver 10 milliards d’euros.
