Belgique

Les prix du gaz européen doublent en quelques mois, record depuis 2022.

Le marché du gaz en Europe traverse une période tumultueuse, avec un prix du Mégawattheure atteignant 68,5 euros sur l’indice TTF, référence aux Pays-Bas. Cette hausse alarmante est d’autant plus préoccupante qu’elle représente une augmentation significative par rapport à des niveaux inférieurs à 30 euros à la fin de l’année 2025 et à 32 euros fin février. En quelques mois, les prix ont plus que doublé, un phénomène attribué en partie aux tensions géopolitiques, notamment les récentes attaques américaines en Iran et les perturbations maritimes dans le détroit d’Ormuz. La situation s’est aggravée, atteignant des sommets inédits depuis décembre 2022, marquant la fin de la crise énergétique.

Les conséquences de cette flambée des prix ne se limitent pas à des chiffres. Elles engendrent une spirale d’incertitudes, alors que les réserves stratégiques de gaz en Europe ne sont remplies qu’à 62 %, un niveau historiquement bas. À l’approche de l’automne, période de forte demande domestique, les inquiétudes s’accentuent, notamment en Allemagne, premier consommateur de gaz en Europe. Florence Schmitt, analyste chez Rabobank, souligne que les perspectives se détériorent chaque jour, en raison des réserves faibles et d’une possible escalade du conflit dans le Golfe persique, couplées à une réduction des exportations norvégiennes dues à des travaux d’entretien.

En Belgique, la situation est tout aussi préoccupante. Les capacités de stockage sont limitées, notamment avec le site de Loenhout, bien que le pays bénéficie de connexions directes avec le Royaume-Uni et la Norvège, ainsi que d’un terminal de gaz naturel liquéfié à Zeebrugge. Cependant, la dépendance au stockage en hiver demeure un enjeu majeur. Avec des prix de gros élevés, les contrats fixes, déjà en forte hausse en août, ne devraient pas devenir plus avantageux. Les consommateurs sous contrat variable risquent également d’être durement impactés si les prix continuent d’augmenter.

Les prévisions de Goldman Sachs, relayées par l’Echo, ne laissent guère entrevoir d’amélioration. Les experts estiment que les prix du gaz naturel en Europe pourraient dépasser les 100 euros le Mégawattheure en décembre, afin de reconstituer les stocks avant l’hiver. Si les prix ne montent pas suffisamment, une concurrence accrue entre acheteurs européens et asiatiques pourrait aggraver la situation. Dans ce contexte, l’inflation, déjà affectée par les coûts énergétiques, pourrait peser lourdement sur l’économie européenne.