Les négociations Iran-Etats-Unis se tiennent en Suisse.
L’Iran a déclaré dimanche que la situation au Liban serait le « principal » sujet des pourparlers avec les Etats-Unis organisés en Suisse. Selon le ministère libanais de la Santé, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4057 morts au dernier bilan, samedi.
L’Iran a déclaré dimanche que la situation au Liban, où l’armée israélienne effectue quasi quotidiennement des frappes contre le Hezbollah soutenu par Téhéran, serait le « principal » sujet des discussions avec les États-Unis prévues en Suisse dans la journée.
« Le régime sioniste (Israël, NDLR) continue de violer ses engagements au Liban. Cette question sera le principal sujet des discussions d’aujourd’hui », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Il a également indiqué que le déblocage des avoirs iraniens gelés et les ventes de pétrole seraient des points abordés, dans une vidéo diffusée par l’agence officielle.
Ces pourparlers, axés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même leur début, les obstacles se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l’accord qui stipulait la fin des hostilités sur tous les fronts sans exception. Téhéran a annoncé une possible fermeture du détroit d’Ormuz en représailles.
Le vice-président américain, JD Vance, est arrivé en Suisse, ayant atterri tôt dimanche matin sur la base aérienne d’Emmen, près de Lucerne, d’après son porte-parole.
La délégation iranienne est arrivée samedi soir, selon le gouvernement suisse. D’après la télévision d’État iranienne, elle est composée du négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, qui est aussi président du Parlement, du chef de la diplomatie Abbas Araghchi et du gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été déterminante pour conclure l’accord du 17 juin, a également annoncé samedi qu’il se dirigeait vers la Suisse.
Les discussions devraient durer « quelques jours », a déclaré JD Vance à la presse avant de quitter les États-Unis, précisant qu’il ne pourrait rester en Suisse « qu’un jour ou deux ». « J’espère qu’on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer », a-t-il ajouté.
Les pourparlers sont programmés dans un hôtel de luxe au Bürgenstock, une montagne dominant le lac de Lucerne. Des discussions « préparatoires » ont démarré samedi entre diplomates, selon Berne. Le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé la tenue de discussions « techniques » dimanche entre Iraniens et Américains.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a averti samedi les États-Unis que le protocole serait « en danger » si ses clauses n’étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban, où les affrontements se poursuivent entre Israël et le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Des frappes israéliennes ont causé plusieurs dizaines de morts samedi dans l’est et le sud du Liban, avant une interruption constatée par un correspondant de l’AFP à partir de la fin de la journée, lorsque l’armée israélienne a reçu l’ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah dans le sud tout en continuant d’opérer « de manière défensive ».
« La peur domine chez tout le monde », a témoigné Fadi Zayat, un habitant du village méridional de Tayr Debba. L’armée israélienne a annoncé qu’un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran qui ont déclenché le conflit le 28 février. Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont causé 4057 morts, selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.
Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a déclaré que la situation « s’améliore » au Liban. « Le gros problème, c’est que vous allez avoir quelqu’un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu’un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l’œuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c’est ce qu’on essaie de faire », a-t-il expliqué.
Suite aux nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l’armée iranienne a annoncé que « le détroit d’Ormuz serait fermé au trafic maritime », considérée comme une « première mesure en réponse à la violation des engagements par l’ennemi ». Il a également menacé de « prendre d’autres mesures » si nécessaire « pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations ».
La réouverture du détroit a constitué l’un des points clés du protocole d’accord américano-iranien. L’Iran avait alors verrouillé cette voie maritime stratégique, par laquelle transitaient auparavant environ 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une hausse des prix du pétrole.
Après l’annonce de la fermeture par l’Iran, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a déclaré que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon lui, 55 navires marchands ont traversé le détroit en toute sécurité samedi.
Téhéran a également évoqué la possibilité d’instaurer des « frais » pour les navires souhaitant transiter. Le président américain Donald Trump a également menacé d’imposer un péage dans le détroit si les discussions avec l’Iran échouaient.
