Belgique

Les formations dans la santé et le bien-être dominent le baromètre Siep.

Chaque année, des milliers de jeunes se tournent vers le Service d’Information sur les Études et les Professions (Siep) pour explorer les diverses formations et carrières qui s’offrent à eux. Ce service a récemment analysé les données recueillies à partir de ses centres d’information, de ses plateformes en ligne et des retours de ses salons « Études-Formations-Métiers ». Les résultats révèlent des tendances marquantes dans les choix de formation des jeunes.

Le secteur de la santé et du bien-être se distingue particulièrement, attirant l’attention des jeunes de 12 à 26 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les cinq formations les plus consultées sur le site « Formations » du Siep sont toutes liées aux soins et à l’accompagnement. « Le métier le plus recherché, c’est le métier d’ambulancier », indique Karim Majoros, le directeur général du Siep. Suivent les professions d’éducateur, d’auxiliaire de l’enfance, de secrétaire médical et d’aide-soignant.

L’impact de la pandémie de Covid-19 a également mis en lumière l’importance de ces métiers. « Il s’agit de toute une série de métiers qui ont été pas mal mis en valeur au moment du Covid-19. On aurait pu imaginer que les difficultés vécues par les soignants auraient pu freiner les jeunes adultes, mais ce n’est pas le cas », souligne Majoros. L’intérêt pour ces professions a même augmenté par rapport aux années précédentes.

Parallèlement, les formations liées à la nature, aux animaux et à l’environnement gagnent en popularité. « Tous les métiers comme vétérinaire, jardinier, en contact avec la nature, ce sont des métiers qui sont importants dans l’intérêt des gens », précise Majoros. Le secteur « animaux et métiers animaliers » se classe au cinquième rang des secteurs les plus consultés sur le site « Métiers », tandis que « l’environnement et la nature » arrive en septième position.

Cet intérêt croissant pour les métiers liés à la nature et à l’environnement témoigne d’un attachement des jeunes à des professions concrètes. Selon Majoros, cela peut être attribué à une prise de conscience accrue des enjeux climatiques. « Les jeunes sont interpellés, angoissés par ces questions. On a la chance d’avoir des conseillers d’information et d’orientation qui sont des psychologues, ce qui est utile car il y a souvent beaucoup d’angoisse pour se projeter sur ce que sera le monde demain », explique-t-il.

En revanche, les domaines tels que l’informatique et les télécommunications semblent perdre de leur attrait. « Un élément qui pourrait expliquer cela, c’est qu’il y a de plus en plus d’automatisation. Les machines produisent elles-mêmes du code informatique, ce qui réduit l’intérêt pour les métiers de développeur », ajoute Majoros.

Les choix des jeunes en matière de formation sont influencés par divers critères. En Wallonie, 144 métiers figurent sur la liste des professions en pénurie, suscitant un intérêt croissant. « On constate un doublement des questions sur les métiers en pénurie et des visites de nos sites internet à ce sujet », note Majoros. Cependant, il précise que ce n’est pas le seul facteur déterminant.

Les jeunes prennent en compte un ensemble complexe de critères, notamment leurs intérêts personnels, les perspectives d’emploi et leur personnalité. « C’est un bilan subtil de tout ça. Selon les jeunes, leur personnalité, ils vont placer un critère au-dessus des autres », explique-t-il.

Les demandes des jeunes ont évolué au fil des années. Alors qu’il y a vingt ans, ils cherchaient principalement des listes d’écoles ou de formations, aujourd’hui, ils posent des questions plus variées, notamment sur les allocations sociales et le logement. « Il y a de plus en plus de questions complexes, de plus en plus d’angoisse chez les jeunes liée à l’ensemble de ces éléments-là », observe Majoros, qui souligne également la précarisation croissante des familles.

Un autre changement notable concerne le public du Siep. Les adultes de plus de 26 ans représentent désormais 33 % des visiteurs des centres et près de 43 % des participants aux salons. « Il y a encore quelques années, on pensait que l’on allait réaliser des études pour avoir un poste jusqu’à sa pension. Ce temps-là est révolu », constate Majoros. L’orientation professionnelle est désormais perçue comme un processus continu tout au long de la vie.

Lors des salons, environ 10 % du public est constitué d’adultes en réorientation professionnelle et de demandeurs d’emploi. « Cette année, avec la réforme du chômage, on a vu des gens qui étaient en fin de droits et qui cherchaient absolument à retrouver un travail, ce qui explique aussi l’intérêt pour les métiers en pénurie », conclut Majoros.