Belgique

Les chiffres de l’Arizona de Paul Magnette : 0% de croissance, inflation, faillites, chômage en hausse.

Le président du Parti socialiste, Paul Magnette, a récemment exprimé des préoccupations majeures concernant l’état de l’économie belge lors de son intervention sur Matin Première, le 31 août. Il a qualifié la situation économique de l’Arizona d' »échec total », en mettant en avant des chiffres alarmants. Selon lui, « la croissance est à 0%, l’inflation est à 4%, les taux d’intérêt augmentent, on n’a jamais eu autant de faillites, le taux de création de PME n’a jamais été aussi bas, le taux d’emploi n’augmente pas et on a même 35.000 chômeurs en plus en Wallonie ».

Les prévisions de la Banque nationale de Belgique corroborent en partie ses déclarations. En effet, elles indiquent un ralentissement significatif de la croissance économique, qui pourrait atteindre un niveau quasi nul d’ici le deuxième trimestre 2026. Pour l’année en cours, la croissance du PIB est estimée à 0,6%, en baisse par rapport à 1% l’année précédente. Cela suggère que le constat de Magnette sur la stagnation de la croissance, bien que légèrement exagéré, n’est pas sans fondement.

Concernant l’inflation, les chiffres publiés par Statbel, l’office de statistique belge, montrent qu’elle était de 3,6% en août 2026, en légère hausse par rapport aux mois précédents. Ce chiffre est également en ligne avec les préoccupations de Magnette, qui a souligné une inflation persistante.

Les taux d’intérêt, quant à eux, sont effectivement en hausse. Bien qu’il n’existe pas de taux d’intérêt officiel en Belgique, les taux auxquels les particuliers et les entreprises empruntent sont influencés par les taux directeurs fixés par la Banque centrale européenne. Ces taux ont été augmentés récemment, atteignant 2,25% en juillet 2026, ce qui a un impact direct sur les emprunts des particuliers et des États.

Magnette a également évoqué une augmentation record des faillites. Les données de Statbel montrent qu’en 2025, le nombre de faillites a frôlé le record établi en 2013, avec 11.685 faillites. Bien que l’année 2026 soit encore en cours, les chiffres actuels suggèrent une situation préoccupante.

En ce qui concerne le taux de création de PME, le SPF Économie a rapporté un taux de 9,7% pour 2024, le deuxième plus bas depuis 2015. Toutefois, ce chiffre pourrait ne pas refléter la situation actuelle, car il date de l’année précédente et ne prend pas en compte les tendances récentes.

Sur le front de l’emploi, Magnette a affirmé que le taux d’emploi n’augmente pas, une déclaration qui trouve un écho dans les statistiques. En effet, le taux d’emploi pour les 20-64 ans était de 72,8% au premier trimestre 2026, stable par rapport aux trimestres précédents.

Enfin, la question des chômeurs en Wallonie est particulièrement délicate. Les chiffres du Forem indiquent une augmentation significative du nombre de demandeurs d’emploi, passant de 232.490 en 2024 à 267.221 en 2026. Cependant, cette comparaison est compliquée par des changements méthodologiques qui rendent difficile une évaluation précise de la situation.

En résumé, bien que Paul Magnette ait raison sur plusieurs points concernant l’économie belge, certaines de ses affirmations nécessitent des nuances. Les données actuelles ne permettent pas de conclure définitivement sur le taux de création de PME ou sur l’augmentation des demandeurs d’emploi en Wallonie, laissant place à des interprétations divergentes.