
Les abeilles résistent à la chaleur, mais leurs plantes souffrent.
Des plantes fragilisées, des ruches moins productives
Contrairement à une idée reçue, les abeilles ne sont pas les premières victimes des vagues de chaleur : elles sont naturellement capables de supporter des températures élevées. Ce sont surtout les plantes dont elles dépendent qui souffrent de la chaleur et de la sécheresse, avec des conséquences directes sur la production de nectar, de pollen et de miel. « La chaleur va complètement changer le cycle des plantes dans leur production de fleurs et surtout dans la production de nectar et de pollen. Et donc indirectement, ça va impacter nos abeilles », précise Alexandre Lefebvre, apiculteur pour Ukeepers. En Belgique, où la végétation n’est pas adaptée à un climat méditerranéen, les épisodes de chaleur et de sécheresse fragilisent les plantes dont les abeilles se nourrissent, entraînant des répercussions sur la production de miel et la santé des colonies.
À cette chaleur s’ajoute une météo devenue de plus en plus imprévisible. « L’année passée, par exemple, c’était une année où il a plu extrêmement, il y avait très peu d’ensoleillement. Du coup, les plantes ne produisent pas beaucoup de nectar parce qu’elles ne peuvent pas faire la photosynthèse. Cette année, c’est la canicule et il y a canicule sur canicule. Donc, on ne peut pas se fier à un calendrier apicole comme pour les apiculteurs d’il y a 10 ou 20 ans », explique Alexandre Lefebvre. Les professionnels doivent adapter en permanence la gestion de leurs ruches face à des conditions devenues exceptionnelles… presque chaque année.
Des gestes simples pour soutenir les abeilles
Pour aider les abeilles à faire face aux épisodes de chaleur, les citoyens peuvent agir de différentes manières. Avec des actions indirectes comme « soutenir les apiculteurs en achetant du miel européen plutôt que du miel produit un peu partout dans le monde. En achetant aussi du miel chez un apiculteur local, en se rendant dans des associations », indique Alexandre Lefebvre. Il est également possible de participer à des initiatives de sensibilisation à l’apiculture, menées par certaines associations.
Il existe aussi d’autres gestes, plus directs, qu’Alexandre Lefebvre nous partage : « Apporter des plantes et fleurs à nos espaces verts mais penser aussi aux plantes grimpantes et aux arbres. Éviter de tailler ses haies, son gazon, etc. avant qu’il y ait des floraisons. L’autre chose importante, c’est que la sécheresse a un impact sur les fleurs, mais aussi sur la disponibilité de l’eau. Et l’eau est très importante pour les abeilles, mais aussi pour toute la faune et les autres pollinisateurs. Mettre à disposition des petites coupelles d’eau avec des supports comme du bois, des billes ou des petites pierres, pour empêcher que les abeilles se noient dans ce petit support d’eau, c’est extrêmement utile. »
Enfin, l’apiculteur nous rappelle que la lutte contre le frelon asiatique reste essentielle : en signalant sa présence ou en participant à sa surveillance, les citoyens contribuent également à protéger des colonies déjà mises à rude épreuve par les effets du changement climatique.
>>> Découvrez l’interview d’Alexandre Lefebvre sur « Fortes chaleurs : impact sur nos abeilles et la production de miel » ci-dessus ou dans l’émission « Quel Temps pour la Planète » de ce vendredi 31 juillet 2026 sur RTBF Auvio.
