
Le nouveau vaccin contre le zona pourrait protéger le cœur des maladies cardiovasculaires.
Une étude récente met en lumière les effets bénéfiques du vaccin contre le zona, le Shingrix, sur la santé cardiovasculaire des personnes âgées. Remplaçant le Zostavax en octobre 2017 aux États-Unis, ce nouveau vaccin a suscité l’intérêt des chercheurs qui ont analysé ses impacts sur les maladies cardiaques.
Les résultats, présentés par le professeur Maxime Taquet, révèlent que les individus ayant reçu le Shingrix présentent un risque réduit de 9 % de développer des maladies cardiovasculaires dans les sept années suivant leur vaccination. Ce vaccin semble offrir une protection accrue contre les maladies coronariennes, les AVC et les insuffisances cardiaques.
Les chercheurs explorent plusieurs hypothèses pour expliquer cette diminution du risque. L’une des pistes concerne l’adjuvant AS01, un composant chimique qui stimule le système immunitaire. Dr Taquet souligne que « lorsque l’on introduit cette petite molécule chez les adultes, on perçoit un changement dans certaines cellules du système immunitaire, et c’est précisément ce changement-là qui pourrait prévenir, éviter ou protéger contre les maladies cardiovasculaires ».
Pour valider ces résultats, des études supplémentaires sont nécessaires. Actuellement, au Danemark, des milliers de participants sont recrutés pour observer l’évolution de leur santé cardiovasculaire, qu’ils aient été vaccinés ou non.
Dr Taquet insiste sur l’importance de cette découverte : « Ce vaccin permettrait de lutter contre la première cause de mortalité dans les pays du Nord, soit les maladies cardiovasculaires ». Si les essais cliniques confirment ces résultats, le Shingrix pourrait devenir le premier vaccin à offrir une double protection, tant contre le zona que contre les problèmes cardiaques.
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès chez les adultes en Europe et aux États-Unis. Une réduction de 9 % de ce risque représenterait une avancée significative. Auparavant, l’équipe de Maxime Taquet avait déjà prouvé l’efficacité du Shingrix dans la réduction des risques de démence. Cette recherche a été réalisée de manière indépendante, financée par des institutions de recherche britanniques, bien que GSK ait également confié des consultances à l’équipe.
Les résultats complets de cette étude sont disponibles dans la revue en ligne Nature Medicine.
