Belgique

Le modèle belge des mutuelles ne survit pas.

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, présente un plan qui apparaît comme une tentative de pousser les mutuelles à la réforme. Les mutuelles devront abandonner leurs activités lucratives comme des participations dans des chaînes d’opticiens ou des pharmacies en ligne.

Réforme du modèle des mutuelles belges

Le modèle belge des mutuelles, qui se situe entre un système étatiste et des compagnies d’assurances privées, est en pleine transformation. Sous l’influence du Mouvement Réformateur (MR) et de la Nouvelle Alliance Flamande (N-VA), le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, annonce un plan, un pacte, visant à encourager les mutuelles à se réformer. Étant socialiste, Vandenbroucke défend le modèle mutualiste et présente sa proposition comme une réponse visant à revitaliser celui-ci face aux critiques émanant de l’aile droite du gouvernement.

Appel à la responsabilisation de la part de Frank Vandenbroucke

Le ministre insiste sur la nécessité de responsabilisation. L’idée directrice est que le financement des mutuelles par l’État sera désormais davantage conditionné à l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement, en particulier en ce qui concerne l’efficacité de la réinsertion des malades de longue durée. De plus, une partie des ressources dépendra de la couverture vaccinale des affiliés. L’État intensifie son intervention en considérant une réduction ou une régulation sévère des activités des mutuelles. Celles-ci devront renoncer à leurs activités lucratives, telles que les participations dans des chaînes d’opticiens ou de pharmacies en ligne, et limiter leurs services : par exemple, le remboursement de l’homéopathie, de l’acupuncture ou des camps de vacances ne sera plus pris en charge. Les mutuelles sont également contraintes d’abandonner toute forme de propagande politique partisane.

Intervention du gouvernement

Le gouvernement prend le contrôle, ce qui suscite des préoccupations quant à l’autonomie des mutuelles. Néanmoins, leur réaction collective demeure mesurée. Elles comprennent que ce plan nécessite encore des négociations, non seulement avec elles, mais surtout avec les partis de droite, le MR et la N-VA, qui pourraient exiger davantage de la part de Frank Vandenbroucke. Dans le rapport de force à venir, les mutuelles doivent considérer Vandenbroucke comme un allié, bien qu’il ne soit pas entièrement bienveillant.

Adopter une posture conciliante pour assurer leur survie est donc essentiel. Elles se retrouvent devant le choix d’accepter la réforme ou de risquer de basculer vers un système purement privé. Les mutuelles se trouvent dans une situation de Good Cop / Bad Cop entre l’aile gauche et l’aile droite du gouvernement, devant garder de bonnes relations avec le bon flic pour ne pas avoir à subir les conséquences du mauvais flic. Il est désormais clair que les mutuelles font face à l’un des plus grands défis de leur histoire récente.