Adrien Dolimont : ‘Des économies ne sont pas à négliger’
Le ministre-président Adrien Dolimont a affirmé que les économies prévues dans l’accord wallon ne suffiront pas à atteindre l’équilibre budgétaire en 2029. La réforme des droits de succession entrera en vigueur en 2028 au sud du pays, mais pourrait connaître des modifications « à la marge ».
Faut-il s’attendre prochainement à de nouvelles économies en Wallonie ? Le ministre-président, Adrien Dolimont, estime que c’est inévitable. Selon lui, le déficit wallon reste trop élevé, la dette trop lourde, et la confiance des marchés s’affaiblit. En conséquence, les économies prévues dans l’accord wallon ne suffiront pas à atteindre l’équilibre budgétaire en 2029.
« Depuis que je suis ministre du Budget en 2022, je tire déjà un signal d’alarme sur la situation préoccupante des finances wallonnes », a-t-il souligné. « Il ne faut pas dire que le contexte géopolitique est stable. Nous avons également observé une dégradation supplémentaire au niveau fédéral, entraînant mécaniquement une dégradation de la Région, ce qui complique les conditions de financement. Avec tous ces paramètres, l’objectif reste le même – l’équilibre budgétaire en 2029 – mais nous devons changer de voie car celle initialement prévue est bouchonnée. »
Le ministre rappelle que cette dette pèse sur les citoyens. « Nous avons actuellement une charge de la dette – c’est-à-dire les intérêts que la Région paie chaque année pour rembourser cette dette – qui est énorme et qui pourrait devenir insoutenable. » Il évalue cette charge à plus de 900 millions d’euros par an, soit environ 600 euros par personne active en Wallonie.
« Aujourd’hui, l’argent que l’on verse aux banques nous empêche de mener des politiques », ajoute-t-il. « Si nous prenons des mesures d’économie et d’assainissement des finances publiques, ce n’est pas par dogmatisme. Nous le faisons parce que c’est nécessaire et que nous voulons garder la main sur les choix à poser. »
Pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2029, il va falloir économiser deux milliards d’euros en trois ans. « Il y a toute une série de dépenses qui sont conjoncturelles et d’autres structurelles sur lesquelles nous devons pouvoir travailler », estime Adrien Dolimont. Néanmoins, il assure que l’intention n’est pas de toucher au portefeuille du citoyen. « Je préfère travailler sur les dépenses plutôt que sur les recettes, mais je n’ai pas de tabou sur cela. Nous savons aujourd’hui que la croissance des dépenses est supérieure à celle des recettes. Donc, si nous continuons ainsi, le problème reviendra dans cinq ans. Il faut travailler sur ces deux croissances en parallèle. »
Pour le ministre-président, il s’agit essentiellement d’une question d’efficacité. « Il faut que la Région puisse se poser la question de pourquoi elle met en place une politique publique et qu’elle n’ait pas peur de réorienter le cas échéant. Ce sont toutes les discussions que nous aurons dans le cadre du conclave budgétaire. »
Concernant la réforme des droits de succession, le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés), invité ce lundi au micro de Matin Première, a averti qu’il ne fallait pas uniquement travailler sur les dépenses, mais aussi sur les recettes. Le ministre-président a rétorqué que son gouvernement travaille déjà sur le chapitre des recettes, citant notamment l’introduction d’une vignette automobile.
Il a également confirmé que la réforme des droits de succession sera bien mise en œuvre en 2028 dans le sud du pays. Néanmoins, au regard de la situation budgétaire, celle-ci pourrait subir des modifications, mais seulement « à la marge ». « Je n’ai pas de problèmes à discuter de tout, mais il faut aussi respecter les engagements pris auprès de la population. (…) Je ne dis pas qu’il ne faut pas modifier, mais nous devons quand même montrer la direction dans laquelle nous voulons aller », a-t-il déclaré.
Les prochaines négociations budgétaires s’annoncent donc difficiles.

