Belgique

Le ‘cul noir’ de la tomate : causes et solutions pour jardiniers amateurs

Cet été, les jardiniers amateurs se retrouvent confrontés à un défi de taille : les vagues de chaleur et de sécheresse qui frappent de nombreuses régions ont des conséquences inattendues sur la culture des tomates. À l’occasion de la Fête de la tomate à Velaine-sur-Sambre, nous avons exploré le phénomène du « cul noir » qui affecte ces fruits tant prisés, en cherchant à comprendre ses causes et les solutions pour prévenir ce désagrément lors de la récolte de 2026.

Les plants de tomates d’Annick semblent en bonne santé à première vue, avec un feuillage luxuriant et des fruits verts prometteurs. Cependant, un examen plus attentif révèle des taches sombres sur certaines tomates, signes indéniables du « cul noir ». « Pour moi, ce sont des taches de pourriture. Donc, ces tomates-là, je les jette. C’est un peu décourageant parce qu’on passe du temps, des heures à ça, pour finalement devoir jeter une partie de la production. Et puis on se demande ce qu’on a mal fait », confie cette jardinière lors de l’événement.

Annick n’est pas seule dans cette situation. Après des périodes prolongées de chaleur et de sécheresse, les conditions deviennent idéales pour que ce problème se manifeste. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une maladie causée par un champignon ou une bactérie. Le cul noir, ou nécrose apicale, est un trouble physiologique qui survient lorsque les tomates en croissance manquent de calcium. Ce minéral essentiel ne parvient pas à atteindre les cellules à l’extrémité des fruits, entraînant leur dégradation et l’apparition de taches noires.

Le calcium joue un rôle crucial dans le développement des plantes, comme l’explique Daniel Deprez, maraîcher à la ferme de la Vallée, qui cultive près de 20 000 plants de tomates bio. « Une personne a besoin de calcium pour être en forme. C’est pareil pour les tomates. Il faut donc vérifier que la plante dispose des éléments nutritifs dont elle a besoin et que le sol est correctement équilibré. » Toutefois, un sol riche en calcium ne garantit pas l’absence de cul noir. En effet, ce minéral doit être absorbé par les racines et transporté jusqu’aux fruits, un processus qui nécessite une hydratation adéquate.

L’irrigation régulière est donc essentielle. En période de sécheresse, le sol s’assèche rapidement, rendant difficile un arrosage constant. « L’erreur classique des jardiniers amateurs consiste à fonctionner par à-coups. Ils voient que leur sol est très sec après quelques jours de chaleur et ils veulent compenser avec un arrosage intensif », souligne Daniel Deprez. Il compare cette méthode à celle d’un enfant à qui l’on donnerait plusieurs litres d’eau d’un coup, puis plus rien. Son collègue, Christian Abrassart, ajoute que « pour éviter le stress hydrique, la clé, c’est la régularité dans l’arrosage ». Des techniques comme le goutte-à-goutte ou le paillage peuvent aider à maintenir une humidité stable dans le sol.

La sélection des variétés de tomates est également un facteur déterminant. Certaines, comme les tomates allongées ou à sauce, sont plus susceptibles de développer des symptômes de nécrose apicale. En revanche, les tomates cerises semblent moins affectées. « Le potager garde sa part d’expérimentation. Quand on a essayé une sorte et qu’on a le cul noir… Mieux vaut tenter une autre variété l’année suivante », conseille un jardinier, qui prévoit d’essayer d’autres types de tomates l’année prochaine après avoir rencontré des problèmes avec les « Cœurs de bœuf ».

Pour conclure sur une note positive, il est important de rappeler que tout n’est pas perdu pour les jardiniers comme Annick. Si les conditions s’améliorent, un plant peut encore produire des tomates saines plus tard dans la saison. Il n’est donc pas nécessaire d’arracher un pied simplement parce que quelques fruits présentent des signes de nécrose apicale. De plus, ces tomates ne se contaminent pas entre elles, car il s’agit d’un trouble physiologique et non d’une maladie infectieuse. « Non, pas nécessairement. Lorsque le reste du fruit est sain et ne présente aucun signe de pourriture secondaire, il faut simplement retirer la partie atteinte. Le reste peut être consommé », conclut un maraîcher, soulignant l’importance de réduire le gaspillage.