
Le CEB ne doit pas être une période de stress dans l’enseignement spécialisé.
Donovan, âgé de 12 ans, s’apprête à passer son CEB pour la première fois, après une préparation de plus de deux ans. À l’école spécialisée L’Eau Vive de Flénu, une sophrologue est sollicitée quelques semaines avant les épreuves pour donner des conseils aux élèves sur la gestion de leurs émotions.
Les périodes d’examens sont souvent appréhendées, particulièrement lors de tests certificatifs tels que le CEB. Dans le cadre de l’enseignement spécialisé, cette expérience constitue parfois un parcours préparatoire de plusieurs années. Seuls les élèves qui le désirent passent cet examen, ce qui leur ouvre la voie vers l’intégration ou la réintégration dans l’enseignement ordinaire.
Donovan, âgé de 12 ans, se prépare à passer son CEB pour la première fois après plus de deux ans de préparation. Dans les semaines qui ont précédé l’examen, ses enseignants lui ont donné des conseils précieux pour aborder ces épreuves avec sérénité : « D’abord faire les questions les plus faciles et puis les plus dures. Si je ne sais pas une question, je passe et j’y reviens après. Ça me stresse un peu mais je suis prêt », confie l’élève la veille de son premier examen.
Durant les épreuves, ces enfants bénéficient également d’un accompagnement. Dans la salle d’examen, Donovan sera mélangé avec des élèves de l’enseignement ordinaire qui passent le même examen. Toutefois, des adaptations sont prévues pour les élèves de l’enseignement spécialisé, notamment la présence de Madame Margaux, son enseignante, à proximité. « On a l’autorisation de faire des relances intentionnelles. Si je constate qu’un élève se déconcentre, je peux intervenir avec un signe, une tape sur l’épaule ou en lui disant de se reprendre. On peut également accorder quelques minutes pour qu’ils prennent l’air, se remettent de leurs émotions et leur rappeler que tout ira bien », explique l’enseignante.
### Un travail de préparation en amont
Les élèves de l’enseignement spécialisé ne sont pas habitués aux examens, ce qui rend cette période particulièrement délicate pour eux. Pour les accompagner au mieux, les écoles anticipent ces moments de stress. À l’école spécialisée L’Eau Vive de Flénu, par exemple, une sophrologue est sollicitée quelques semaines avant les épreuves. « Elle leur donne des conseils sur la gestion de leurs émotions et que faire en cas de stress, des éléments qui peuvent les aider le jour J », précise Vivian Javeline, directeur de l’école.
Préparer des élèves de l’enseignement spécialisé à un tel examen demande plus de temps que pour les élèves de l’enseignement ordinaire. Madame Cathy, responsable de cette préparation, témoigne : « On part de toutes les matières du nouveau programme. On commence par la 6e, on examine ce qui est acquis et progressivement, on remonte à la 5e, 4e, et si besoin, on revoit des notions de 3e. C’est un travail intensif à réaliser en un ou deux ans. »
« C’est un véritable défi que ces élèves se lancent, et ils sont très motivés », poursuit le directeur. « Parfois, je me sens plus stressée qu’eux [rires], mais l’essentiel est de dédramatiser cet examen », rappelle Cathy.
### Une réforme qui inquiète les enseignants des écoles spécialisées
Le stress touche également les enseignants, car à la rentrée prochaine, les classes de première différenciée seront supprimées. Traditionnellement, lorsqu’un élève de l’enseignement spécialisé souhaitait intégrer l’enseignement secondaire ordinaire, il était orienté vers cette première différenciée, une année de transition qui intégrait des élèves issus de l’enseignement spécialisé avec ceux n’ayant pas obtenu le CEB. Désormais, ces élèves rejoindront directement les autres élèves en 1re année de secondaire commun. Cela signifie que les élèves de l’enseignement spécialisé, qu’ils aient obtenu ou non leur CEB, intégreront une classe de secondaire commune. Ceux qui n’ont pas réussi l’examen bénéficieront néanmoins d’un accompagnement renforcé pour les matières où ils éprouvent des difficultés.
Cette réforme suscite de nombreuses inquiétudes chez Cathy : « Ils se retrouveront dans une classe générale avec des élèves qui auront peut-être un niveau supérieur, dans des matières qu’ils n’ont pas toujours les moyens de comprendre », déclare-t-elle. « Nous craignons vraiment qu’ils échouent à nouveau et qu’il n’y ait pas suffisamment de ressources pour les aider à réussir leur scolarité. »
Mais avant d’aborder ces défis, il est temps pour les élèves de se concentrer sur les examens, avec une dernière relecture de leurs cahiers avant de se lancer, sans trop de pression.
