
L’administration Trump pousse alliés et Chine à un « D-Day économique » contre l’Iran.
Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, a récemment exprimé des avertissements sans équivoque à l’égard des nations qui ne soutiendraient pas les efforts des États-Unis contre l’Iran. Lors d’une interview sur CNBC, il a déclaré que ces pays seraient perçus comme étant « contre nous ». Bessent a prévu de tenir une conférence de presse lundi pour détailler les nouvelles mesures destinées à intensifier la pression sur Téhéran, qui fait déjà l’objet d’un blocus maritime et de sanctions multiples de la part des États-Unis. Il a également exhorté la Chine à « se mettre au diapason » si elle souhaite voir « le détroit d’Ormuz être rouvert et les prix de l’énergie redescendre ».
L’objectif affiché par Washington est clair : « Nous allons faire chuter ce régime » en Iran, une déclaration qui rappelle les promesses initiales du gouvernement américain après les frappes menées avec Israël le 28 février, mais qui avaient été mises de côté par la suite.
Dans un contexte où les options militaires se réduisent et où l’opinion publique se montre de plus en plus hostile à de nouvelles interventions, Donald Trump a promis mardi soir de lancer « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise » contre l’Iran. Il a averti que tout pays qui fournirait une aide à l’Iran, que ce soit par le biais de ses institutions financières ou de ses entreprises, ferait face à des « TERRIBLES répercussions économiques ».
En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié cette initiative de « vouée à l’échec ». Parallèlement, l’armée américaine a annoncé l’arrivée d’un nouveau porte-avions au Moyen-Orient, remplaçant l’USS Abraham Lincoln, dont le déploiement prolongé avait suscité des inquiétudes concernant les conditions de vie de l’équipage. Ce changement de navire laisse temporairement la région sans porte-avions américain dans le Pacifique.
La capacité de l’administration américaine à rallier la Chine à sa « guerre économique » sera déterminante. En 2024, plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran ont été réalisés avec la Chine, qui continue d’importer du pétrole iranien malgré les sanctions, grâce à une flotte « fantôme ». La relation entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, qu’il rencontrera le 24 septembre aux États-Unis, pourrait influencer cette dynamique.
L’économie iranienne, déjà affaiblie par des décennies de sanctions, subit de plein fouet les conséquences de cette guerre. Les Émirats arabes unis ont récemment annoncé la suspension de tous les échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran. De plus, la Turquie et la Russie, qui entretiennent des relations économiques significatives avec Téhéran, pourraient également être affectées. Les États-Unis, de leur côté, ressentent également les effets de ce conflit, avec une inflation persistante et une hausse des coûts d’emprunt, incitant le Trésor américain à intervenir sur le marché de la dette.
