Belgique

« La Vénus électrique » ouvre le Festival de Cannes avec Hugues Dayez.

Le film se déroule dans une fête foraine de la banlieue parisienne en 1928, avec Suzanne (Anaïs Demoustier) comme vedette de l’attraction « La Vénus électrique ». Le réalisateur Pierre Salvadori, qualifié de « petit-maître » dans le cinéma français, n’a pas connu d’énorme succès public jusqu’ici.


Le film nous plonge dans une fête foraine installée dans la banlieue parisienne, en 1928. Suzanne (Anaïs Demoustier) est la vedette d’une attraction intitulée « La Vénus électrique » : quiconque vient l’embrasser sur le podium reçoit une décharge digne d’un coup de foudre. Un soir, suite à un quiproquo, Suzanne est prise pour un médium par un peintre dépressif, Antoine (Pio Marmaï), qui souhaite communiquer avec son épouse défunte. Pour le satisfaire, Suzanne joue le jeu, lui bande les yeux, et feint de parler avec cette femme tant aimée. Antoine retrouve la joie de vivre et reprend la peinture. Armand (Gilles Lellouche), son meilleur ami et galeriste, découvre le subterfuge et engage Suzanne pour continuer cette mascarade qui permet à Antoine de créer de nouveaux tableaux… Mais jusqu’à quand ce mensonge pourra-t-il fonctionner ?

En peinture, on parle volontiers de « petits-maîtres ». Sans encore livrer la critique de ce nouveau film – puisque l’embargo est valable jusqu’à la fin de la projection à Cannes – on peut dire que le réalisateur Pierre Salvadori est en quelque sorte un « petit-maître » du cinéma français : il a signé des comédies élégantes, comme « Après vous » avec José Garcia ou « Hors de prix » avec Gad Elmaleh… Mais il n’a jamais connu d’énorme succès public jusqu’ici.

Comment expliquer alors qu’une comédie française sans grande star au générique ouvre un événement énorme comme le festival de Cannes ?

C’est en partie dû à une nouvelle règle du festival qui exige au distributeur du film choisi pour l’ouverture de le sortir immédiatement en salles en France le mercredi, afin de renforcer le lien entre Cannes et les salles de cinéma. Cependant, beaucoup de producteurs et de distributeurs hésitent à sortir une grosse production à la mi-mai, une période peu favorable pour les films d’auteur.

L’an passé par exemple, le film « Vie privée » était pressenti pour l’ouverture, car c’était un film français avec, souvenez-vous, une star hollywoodienne, Jodie Foster, dans un premier rôle en français. Mais le producteur a refusé, car il préférait sortir le film à l’automne – il a eu raison d’ailleurs, « Vie privée » a très bien marché l’automne dernier. À la place, pour l’ouverture de Cannes 2025, nous avons eu droit à une sympathique petite comédie musicale, « Partir un jour » avec la chanteuse Juliette Armanet. Tout cela est bien joli, mais il n’y a pas de quoi susciter l’engouement de la presse internationale non francophone…

Et pour satisfaire cette presse internationale, le Festival ne peut même pas compter sur un blockbuster hollywoodien cette année…

Pas de show de Tom Cruise pour un épisode de « Mission : Impossible », ni de George Miller pour un « Mad Max ». En réalité, pour Hollywood, un déplacement à Cannes représente une énorme dépense pour un retour rarement satisfaisant : la presse française, qui défend prioritairement le cinéma d’auteur hexagonal, critique souvent sévèrement les grosses productions américaines.

Résultat, beaucoup de grands cinéastes et de grands studios boudent Cannes désormais. Un exemple ? Christopher Nolan va sortir à la mi-juillet son nouveau film, l’un des plus attendus de l’année, « L’Odyssée », sans le montrer préalablement au festival, tactique qu’il a déjà employée pour son film précédent « Oppenheimer » – qui lui a très bien réussi. Tant mieux pour l’industrie hollywoodienne, tant pis pour Cannes.