Hantavirus : réanimation et traitement pour les patients positifs.
Cinq Français ont été rapatriés du navire MV Hondius où un foyer de contamination d’hantavirus a été détecté depuis plusieurs semaines. Actuellement, 22 Français ont déjà été identifiés comme cas contact et sont hospitalisés ou en cours d’hospitalisation, selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Ils sont cinq Français rapatriés du navire MV Hondius, où un foyer de contamination d’hantavirus a été détecté depuis plusieurs semaines. Parmi ces passagers, quatre sont toujours testés négatifs, mais restent sous isolement strict à l’hôpital Bichat à Paris. Une cinquième patiente, une femme, est en réanimation dans un état stable, a confirmé lundi le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Dans la nuit de dimanche à lundi, son état de santé s’était « malheureusement dégradé » et les tests s’étaient révélés positifs à cette souche rare du hantavirus appelée « des Andes », la seule transmissible entre humains. Ce virus a déjà causé la mort de trois passagers sur ce bateau reliant Ushuaia, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert. Mais comment les patients testés positifs sont-ils soignés ?
**Pas de traitement contre le hantavirus**
« À ce jour, il n’y a pas de traitement homologué ni de traitement prophylactique disponible en cas d’infection avec le hantavirus des Andes », a indiqué le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’université Paris Cité. Certains antiviraux, « candidats prometteurs », pourraient cependant être testés dans les semaines à venir « lorsque le besoin s’en fera sentir », précise-t-il. La ribavirine, un traitement antiviral utilisé contre les infections par hépatite C, a déjà été prescrite, mais les résultats semblent « un peu décevants », ajoute le professeur.
Les médecins peuvent donc seulement traiter les symptômes du virus, qui varient selon les souches. En Europe et en Asie, les hantavirus en circulation provoquent des fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR). Sur le continent américain, notamment en Amérique du Sud, le virus peut entraîner un syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH) avec un taux de létalité pouvant atteindre 60 %. « La prise en charge repose sur une surveillance clinique étroite et le traitement des complications respiratoires, cardiaques et rénales », précise l’OMS sur son site Internet.
**Une prise en charge des symptômes**
Les patients testés positifs peuvent présenter de la fièvre et des douleurs musculaires. Du paracétamol ainsi que du repos peuvent atténuer ces symptômes pour les cas les moins sévères. Toutefois, « les symptômes de l’infection par le virus des Andes peuvent entraîner une détresse respiratoire aiguë très grave nécessitant des soins intensifs dans un environnement spécialisé », souligne l’épidémiologiste Antoine Flahault.
Pour aider les patients en phase critique, le professeur évoque des méthodes de réanimation et de soins intensifs, « parfois hautement technologiques » comme l’ECMO, la circulation cardiaque extracorporelle. Cette technique, traditionnellement utilisée pour les opérations « à cœur ouvert », permet de rediriger la circulation sanguine grâce à une machine qui joue le rôle de pompe cardiaque et d’oxygénateur pulmonaire.
En 2009, cette méthode avait été utilisée sur certains patients en réanimation atteints de la grippe A (H1N1) présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). « En cas de détresse respiratoire aiguë, ces méthodes de réanimation permettent au patient de surmonter une phase potentiellement difficile », soutient Antoine Flahault.
**Éviter la diffusion**
Pour combattre ce virus « d’une extrême dangerosité » provenant des rongeurs, la priorité reste de lutter contre sa propagation, affirme l’épidémiologiste. En France, les règles d’isolement ont été renforcées avec l’annonce d’une « quarantaine renforcée en milieu hospitalier » pour tous les cas contacts « sans exception ».
Actuellement, 22 Français ont été identifiés comme cas contacts et sont soit hospitalisés, soit en cours d’hospitalisation, selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Les huit premiers sont parmi les passagers d’un vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg, qui ont voyagé avec une croisiériste néerlandaise, décédée depuis. Les 14 autres étaient à bord du vol Johannesburg-Amsterdam le même jour, où cette croisiériste néerlandaise était brièvement montée à bord.
Pour ces contacts à risque, la procédure d’isolement en milieu hospitalier sécurisé « a aussi pour objectif de faciliter un accès rapide à des infrastructures de soins capables de prendre en charge d’éventuelles infections symptomatiques qui pourraient se déclarer », souligne Antoine Flahault. Leur hospitalisation durera quatorze jours, précise la ministre de la Santé.

