Sophia Chikirou, députée LFI, se dit victime de Gérard Miller.
Sophia Chikirou était jugée au tribunal correctionnel de Paris pour tentative d’escroquerie et vol au préjudice du « Média ». La procureure a requis une peine d’amende de 50.000 euros, assortie, pour 40.000 euros, d’un sursis, regrettant que la prévenue ne reconnaisse pas les faits.

Au tribunal correctionnel de Paris,
Sophia Chikirou était entourée, ce mardi, d’une vingtaine de soutiens présents à ses côtés au tribunal correctionnel de Paris. La députée LFI était jugée pour tentative d’escroquerie et vol au détriment du « Média ». Elle est accusée d’avoir tenté d’escroquer un banquier du Crédit du Nord en se présentant comme la cheffe de l’entreprise de presse, alors qu’elle n’était plus à la direction du site d’actualité.
Utilisant une gestuelle expressive pour soutenir ses propos, la conseillère de Paris affirme catégoriquement qu’elle n’a jamais essayé d’escroquer qui que ce soit. Elle n’hésite pas à cibler Gérard Miller, ancien président du « Média », qui est actuellement au centre d’un vaste scandale sexuel. Le ministère public lui reproche également le vol de deux chèques. Cependant, elle rejette ces accusations et affirme les avoir reçus de la part de Stéphanie Hammou, sa remplaçante.
Ambiance électrique à la rédaction du « Média »
En juillet 2018, des tensions importantes imprègnent l’ambiance de la rédaction, divisée sur le départ de Sophia Chikirou, qui prévoit de se concentrer sur la coordination de la campagne électorale européenne de son parti. Le dialogue est rompu avec les dirigeants, en particulier Gérard Miller.
La conseillère de la Ville de Paris évoque une réunion « assez conflictuelle » et une « scène d’une violence inouïe » qui a eu lieu le 13 juillet. « Ça hurle », se remémore-t-elle. À la barre, elle décrit la colère de Gérard Miller face à une facture jugée trop élevée, expliquant qu’il a perdu son calme, a lancé un tabouret dans sa direction et a crié, dans une ambiance « pas hystérique, mais un peu folle ». Elle soupçonne qu’il a imité sa signature : « Je sais que Miller sait imiter ma signature, il l’a fait suffisamment », avance-t-elle.
De la prévenue à la victime
Que dire du banquier qui affirme avec certitude qu’elle est derrière cette tentative d’escroquerie ? « C’est le banquier de Gérard Miller ! Ce n’est pas une petite chose ! », rétorque-t-elle, déplaçant ainsi la cible sur le psychanalyste. Elle explique que ce rejet serait lié à sa révocation du Média, qu’elle avait contribué à fonder. « C’est extrêmement vexatoire de recevoir votre lettre de licenciement par SMS », affirme-t-elle. « Comme en amour », il y a des façons de mettre fin à une relation, avant d’admettre avoir traité Gérard Miller « d’escroc » et « de malhonnête ».
Sophia Chikirou se considère comme la victime dans cette affaire. « On me fait passer pour la sorcière, la voleuse, la méchante, c’est trop facile », déplore-t-elle, accusant des « adversaires » dans les médias, notamment à Libération ou Mediapart, qui avaient publié des articles sur le sujet. « C’est souvent à gauche qu’on trouve nos adversaires quand on est de gauche », juge-t-elle.
La procureure a requis une amende de 50.000 euros, dont 40.000 avec sursis, regrettant que la prévenue ne reconnaisse pas les faits, même si ce n’est pas « l’affaire du siècle ». Elle a cependant demandé que la peine d’inéligibilité ne soit pas retenue. La décision du tribunal sera rendue le 8 juin prochain.

