Belgique

La sécheresse inquiète les producteurs : sapins de Noël en danger ?

Dans le secteur de la production de sapins, la situation est alarmante. Thierry Vincent, un producteur expérimenté, observe avec désolation les conséquences de la sécheresse sur ses plantations. Les jeunes sapins, mis en terre en avril dernier, n’ont pas survécu aux températures élevées et à un mois de juillet particulièrement aride. « Il est bien crevé. Aucune sorte de reprise. Il faudra regarnir », déclare-t-il, soulignant l’ampleur des dégâts.

Avec plus de 35 ans d’expérience, Vincent affirme n’avoir jamais été confronté à une telle crise. Le sol, dur comme du béton, témoigne également de la sécheresse persistante. Sur sa parcelle, 1300 arbres doivent être arrachés et replantés, une opération coûteuse pour les producteurs. « À un moment donné, on se dit, si le sapin coûte à peu près un euro, plus le replanter, ça commence à coûter cher », ajoute-t-il, illustrant les défis financiers auxquels il fait face.

La situation de Thierry Vincent n’est pas isolée. Yves Pirothon, président de l’Union ardennaise des Pépiniéristes, s’inquiète des répercussions sur l’ensemble de la filière. Les semaines à venir, marquées par des températures élevées, pourraient aggraver les pertes. « C’est certain qu’on aura au moins 10% de pertes. Maintenant, ça peut aller jusqu’à 50%, voire 100% en fonction des parcelles et des régions », prévient-il.

Dans les pépinières, la production est également perturbée. Les jeunes sapins, qui doivent être cultivés pendant quatre ans avant d’être plantés, ne peuvent actuellement pas être repiqués en raison des conditions climatiques. Bertrand Pirothon, responsable de la production aux pépinières Pirothon, explique : « On n’a pas encore commencé les repiquages parce qu’il fait tout simplement trop sec et trop chaud. »

Les conséquences de cette sécheresse ne se limiteront pas à une saison. Bertrand Pirothon souligne que le manque d’eau pourrait ralentir la croissance des jeunes plants, entraînant potentiellement une année supplémentaire de culture dans les pépinières. Les effets les plus significatifs de cette crise ne seront visibles que dans cinq à sept ans, avec un risque de diminution de l’offre de sapins de Noël sur le marché et une augmentation des prix. Les producteurs s’inquiètent donc d’un avenir incertain, marqué par des défis environnementaux croissants.