
La Roumanie ferme jeudi sa seule centrale nucléaire, manque d’eau du Danube.
La situation hydrologique en Europe cette année a atteint des niveaux alarmants, avec des vagues de chaleur extrêmes et un déficit de précipitations qui impactent gravement les ressources en eau. En Roumanie, le fleuve Danube, essentiel pour le fonctionnement de la centrale nucléaire de Cernavoda, connaît une baisse significative de son niveau.
Le ministère de l’Énergie a annoncé que l’unité 2 de la centrale sera mise à l’arrêt de manière contrôlée à partir de demain, en réponse à ces conditions critiques. Cette centrale, qui représente environ 20 % de la production électrique nationale, avait déjà suspendu l’activité de l’un de ses réacteurs de 700 MW fin juillet.
Pour compenser cette interruption, le gouvernement mise sur des sources d’énergie alternatives, notamment l’énergie éolienne, ainsi que sur des importations d’électricité. Dans son communiqué, le ministère a également lancé un appel à la « consommation responsable » de l’électricité.
Des travaux de dragage ont été réalisés pour tenter de rediriger davantage d’eau du Danube vers la centrale, permettant ainsi de retarder l’arrêt de l’autre réacteur. Cependant, ces efforts, qui incluent l’explosion d’un rocher et le coulage de barges remplies de pierres dans le fleuve pour modifier son cours, ont un coût élevé, estimé à plus de deux millions d’euros (2,3 millions de dollars).
En parallèle, la centrale de Paks, en Hongrie, qui dépend également des eaux du Danube, a jusqu’à présent évité un arrêt total. Néanmoins, le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a annoncé la construction d’un seuil submergé près de cette centrale pour maintenir le niveau de l’eau, tandis que deux barges de 80 mètres sont en cours de positionnement pour être coulées si nécessaire. Paks, qui fournit habituellement un tiers de l’électricité hongroise grâce à ses quatre réacteurs, est déjà partiellement à l’arrêt depuis fin juillet.
La centrale de Cernavoda avait déjà connu un arrêt prolongé en 2003, lorsque seul un réacteur était opérationnel. La situation actuelle souligne l’importance cruciale de la gestion des ressources en eau face aux défis climatiques croissants.
