Belgique

La réforme des top managers débute en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles : changements pour les hauts fonctionnaires.

La réforme de la haute fonction publique en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles vise à transformer en profondeur la gouvernance administrative, en mettant l’accent sur l’efficacité et la performance. Selon un communiqué du cabinet de la ministre Jacqueline Galant (MR), l’objectif est de « simplifier la gouvernance, d’améliorer l’efficacité de l’action publique et de garantir une administration plus agile, plus performante et davantage orientée vers les résultats ».

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de la fonction publique, qui cherche à instaurer une culture axée sur les résultats et à promouvoir l’excellence au sein des administrations. Un des axes majeurs de cette réforme est l’ouverture de la fonction publique à des profils variés issus de la société civile et du secteur privé. La ministre Galant souligne que cette diversité des parcours professionnels enrichira l’administration en apportant des compétences et des expériences nouvelles. « C’est une ouverture des portes et des fenêtres à toutes les compétences qu’elles viennent du privé ou de la fonction publique ou du public », déclare-t-elle.

La réforme impactera directement les top managers, notamment ceux du Service public de Wallonie (SPW) et des Unités d’administration publiques (UAP), telles que l’Aviq ou le Forem. En Fédération Wallonie-Bruxelles, les hauts fonctionnaires de l’administration seront également concernés. Un des objectifs affichés est de réduire le nombre de ces managers. « Aujourd’hui, nous avons un peu une armée mexicaine. Nous avons beaucoup de chefs, de sous-chefs, de chefs en devenir. Et donc, c’est la fin de cette armée mexicaine », explique Galant. En effet, le nombre de top managers en Fédération Wallonie-Bruxelles devrait passer de 60 à 45, représentant une diminution de 25%. En Wallonie, le nombre exact de postes restants n’est pas encore déterminé, mais on estime qu’il y a actuellement environ 120 top managers.

Concernant la procédure de désignation, la réforme introduit des changements significatifs. Auparavant, pour accéder à un poste de haut fonctionnaire, il était nécessaire de détenir le Certificat de Management Public (CMP). Ce certificat, qui garantissait une sélection rigoureuse des candidats, ne sera plus une condition sine qua non. « Le certificat sera un atout. Mais en tout cas, ce ne sera plus la condition, la seule condition », précise la ministre. À la place, un « assessment externe » sera mis en place, où des experts en ressources humaines évalueront les candidats selon plusieurs critères, y compris leurs compétences managériales.

Seuls les candidats retenus par cette expertise pourront poursuivre le processus de désignation, qui inclut une évaluation par les ministres concernés. De plus, pour les top managers sélectionnés, un contrat à durée indéterminée deviendra la norme, bien que quelques exceptions soient envisagées.

La réforme prévoit également une revalorisation des salaires des hauts fonctionnaires. La ministre Galant a annoncé que le package salarial sera modernisé « pour renforcer l’attractivité de ces fonctions ». Par exemple, la rémunération annuelle brute de l’administrateur général sera fixée à 88.336,14 euros, tandis que les directeurs généraux toucheront entre 74.850 et 79.223 euros. À cela s’ajoutera une part variable pouvant atteindre 20% de la rémunération fixe, liée aux résultats obtenus, mais qui ne sera appliquée qu’à partir du 1er janvier 2030.

Cette réforme suscite des critiques au sein de l’opposition, qui estime qu’elle pourrait entraîner des coûts supplémentaires. Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement wallon, affirme que les augmentations de salaires pourraient dépasser les prévisions initiales. En revanche, la ministre Galant défend le projet en assurant qu’il ne coûtera pas plus aux citoyens, grâce à la réduction du nombre de managers. Elle justifie également l’augmentation des rémunérations par l’accroissement des responsabilités qui incombent aux hauts fonctionnaires.

Enfin, la réforme prévoit une fréquence accrue des évaluations des top managers, passant d’une évaluation par législature à jusqu’à trois évaluations par an. « Si les objectifs ne sont pas remplis, il y aura un écartement du top manager, ce qui n’existe pas aujourd’hui », souligne la ministre. Un marché public a déjà été lancé pour désigner l’opérateur chargé des évaluations, permettant ainsi de débuter les appels à candidatures pour les premiers top managers sous ce nouveau cadre dès cet automne.