Belgique

La réforme des accises sur l’énergie dès le 1er août : coût à estimer avec notre calculateur

D’abord, un mot sur l’accise. Il s’agit de la taxe que l’État prélève sur la quantité d’énergie consommée, c’est-à-dire un montant fixe par kilowattheure d’électricité ou de gaz, et par litre de mazout. Cela n’a rien à voir avec la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), qui est un pourcentage du prix. La réforme, adoptée par la Chambre le 29 mai 2026, ne supprime pas cette accise, mais la déplace de l’électricité vers les combustibles fossiles.

Dans le détail, les courbes évoluent dans des directions opposées. L’électricité voit son accise diminuer, passant de 50,33 euros par mégawattheure à 46 euros dès le mois d’août, puis à 43, 40 et 38 euros en 2027, 2028 et 2029. En revanche, le gaz augmente, passant de 8,72 à 10,31 euros cette année, pour atteindre 13,60 euros en 2029, avec un supplément au-delà de 12 mégawattheures consommés. Le mazout, qui était longtemps le moins taxé, suit une tendance similaire à celle du gaz, passant de 17,3 à 23 euros pour 1000 litres, puis augmentant d’un euro chaque année jusqu’à atteindre 26 euros en 2029.

Vers l’électrification. Dans sa loi-programme, le gouvernement fédéral vise à favoriser l’électrification en rendant l’électricité plus attractive que le gaz, qui était jusqu’à présent moins frappé par l’accise.

En Belgique, l’électricité coûte environ 4,15 fois plus cher que le gaz au premier semestre 2025, un écart parmi les plus élevés d’Europe. Tant que cet écart persiste, il est difficile de convaincre les foyers de passer à un chauffage électrique comme la pompe à chaleur. En allégeant l’accise sur l’électricité et en augmentant celle du gaz et du mazout, la réforme cherche à réduire cet écart et à encourager l’électrification du chauffage.

Le mode de chauffage fait la différence. Ce qui détermine si votre facture augmente ou diminue, c’est le mode de chauffage, plus que la taille du logement. Le gaz tend à faire grimper la facture, tandis que la pompe à chaleur contribue à la réduire. Le mazout, quant à lui, se révèle être un gagnant inattendu, car il partait d’une taxe très basse. Les foyers bénéficiant du tarif social sont préservés, leur accise sur l’électricité étant fixée à un euro par mégawattheure.

Les sommes en jeu restent modestes, de l’ordre de quelques dizaines d’euros par an dans un sens ou dans l’autre. Notre calculateur a été analysé par l’économiste Philippe Defeyt, de l’Institut pour un développement durable, qui en a validé les ordres de grandeur. En observant les chiffres, il évoque des « sommes finalement riquiqui, qui se perdront dans les autres variations de la facture. »

Selon lui, le véritable moteur de l’électrification n’est pas cette variation d’accise, mais le niveau des prix : « Quand le mazout a flambé ces derniers mois, des familles se sont tournées vers la pompe à chaleur en raison du prix élevé, pas d’un changement de taxe. »

Reste à déterminer de quel côté penche votre foyer. Le calculateur ci-dessous applique ces barèmes à votre situation, en fonction du nombre de personnes, du type de logement et du mode de chauffage.

Sur le même sujet : le Ministre fédéral de l’énergie, Mathieu Bihet, était l’invité politique de La Première (LP – 11/06).