
La prison d’Anvers ouvre, mais manque de personnel suffisant
À l’inauguration de la nouvelle prison d’Anvers, le constat est alarmant : seulement une centaine d’agents ont été recrutés, alors qu’il en faudrait 340 pour assurer un fonctionnement optimal. Ce manque de personnel soulève des interrogations sur les raisons de cette difficulté à attirer des candidats.
Frederique Baele, président des délégués CSC-ACV au niveau national, évoque deux facteurs principaux. D’une part, la concurrence avec le port d’Anvers, qui attire de nombreux travailleurs. D’autre part, l’image négative véhiculée par les médias sur le métier de gardien de prison, qui rend la profession peu attrayante. « Comment rendre attractive la fonction alors qu’il y a tant d’échos négatifs dans la presse ? », s’interroge-t-il.
Robby De Kaey, secrétaire fédéral ACOD-gevangenis, souligne que la localisation de la prison, difficilement accessible par les transports en commun, complique encore le recrutement. Il critique également le timing : « On a obtenu l’autorisation de recruter en février dernier, c’était beaucoup trop tard. »
Grégory Wallez, secrétaire fédéral CGSP Justice, apporte un éclairage supplémentaire sur le processus de sélection. Sur 1000 candidats, seulement 100 réussissent à passer les étapes nécessaires. « Il y a ceux qui échouent à l’examen, mais aussi ceux pour qui la procédure est trop longue. Certaines personnes ont besoin d’un emploi rapidement », explique-t-il. Ce long processus, qui inclut un examen, un contrôle médical et une évaluation de l’aptitude à travailler en prison, entraîne une perte significative de candidats.
Face à cette pénurie de personnel, les autorités ont décidé de recourir à des sociétés privées pour certaines missions. Cette mesure sera mise en œuvre pour la première fois dans la nouvelle prison d’Anvers, où quinze équivalents temps plein seront affectés à des tâches ne nécessitant pas de contact avec les détenus. Cette décision a suscité des tensions, entraînant un arrêt de travail fin avril. Frederique Baele a qualifié cette approche d’ »absurde », soulignant qu’aucune société n’a encore été désignée et que même avec ces renforts, le nombre d’agents serait insuffisant pour faire fonctionner la prison à plein régime.
La question du recrutement avait déjà été soulevée lors d’un débat à la fin avril. Didier Breulheid, délégué permanent des Établissements pénitentiaires à la CSC, plaidait alors pour la création d’une véritable école pénitentiaire. Il proposait de recruter du personnel en dehors du cadre habituel, avec une obligation de résultats, et d’intégrer des stages et des enseignements théoriques pour garantir un flux constant de nouveaux agents sur le terrain.
