Jeudi en Prime : Vandenbroucke défend sa réforme des mutualités
Le ministre Frank Vandenbroucke a présenté une réforme visant à renforcer le rôle des mutualités, soulignant qu’il est nécessaire d’investir davantage dans l’accompagnement des malades chroniques. Actuellement, les mutualités remboursent des consultations médicales et des médicaments prescrits, mais certaines de leurs interventions, comme l’acupuncture et l’homéopathie, pourraient ne plus être remboursées selon le ministre.
**Pourquoi le gouvernement veut-il réformer les mutualités ?**
Le ministre Frank Vandenbroucke a affirmé que les mutualités doivent se réinventer. Selon lui, elles ont « un rôle unique » et pour continuer à avoir « un système social et solidaire », il est essentiel de renforcer ce rôle. Le ministre souligne que « la société a changé », notant qu’il y a « beaucoup plus de malades chroniques », ce qui entraîne une augmentation des absences au travail pour des périodes prolongées. Il appelle donc à un « investissement accru » dans l’accompagnement des malades chroniques et dans l’éducation au bon usage des médicaments. En conséquence, il estime que les mutualités doivent « renforcer leur efficacité ».
**570.000 malades de longue durée**
L’Arizona souhaite faciliter le retour au travail d’une partie des 570.000 malades de longue durée, considérant leur nombre croissant comme « une responsabilité collective ». Le ministre explique que cette responsabilité incombe également aux employeurs, qui doivent offrir des emplois adaptés, ainsi qu’aux services de placement régionaux, qui doivent rechercher des solutions pour ces personnes. Les médecins doivent également se concentrer sur la signification du retour au travail dans le processus de guérison, et les mutualités partagent cette responsabilité. Le gouvernement, en modifiant les conditions d’accès à la pension, espère que les individus pourront rester employés jusqu’à leur retraite. Frank Vandenbroucke a annoncé qu’un « plan national contre le burn-out » est en préparation et a demandé au ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR), de mettre en œuvre des actions pour promouvoir le bien-être au travail.
**Changer la manière d’évaluer les travailleurs malades**
Pour réduire le nombre de personnes en incapacité de travail de longue durée, le ministre propose de se concentrer sur les capacités restantes des individus plutôt que sur leurs incapacités. Il questionne également si les médecins-conseils des mutualités accordent trop rapidement des incapacités de travail et souligne les divergences entre les évaluations de l’Inami et celles des mutualités. Pour lui, le système actuel est « très binaire » et ne reflète pas la réalité de nombreuses personnes qui ont encore des capacités, à condition que les employeurs offrent des emplois adaptés.
Il souhaite également que les médecins évaluent leurs patients en tenant compte de leurs capacités plutôt qu’en se concentrant uniquement sur leur incapacité.
**Des critères pour évaluer l’efficacité des mutualités**
La réforme proposée par l’Arizona lierait le financement des mutualités à leur efficacité dans la gestion des travailleurs en incapacité. Frank Vandenbroucke insiste sur le fait que les critères pour évaluer leur travail doivent refléter des efforts réels en termes d’accompagnement et de promotion de la santé, citant l’exemple de « l’usage des médicaments ».
**Acupuncture, homéopathie et autres interventions des mutuelles dans le viseur du ministre**
Actuellement, les mutualités remboursent les consultations médicales, les actes médicaux et de nombreux médicaments dans le cadre de l’assurance maladie. Concernant l’assurance complémentaire, certaines proposent des remboursements pour l’acupuncture et l’homéopathie. Le ministre souhaite supprimer ces remboursements, arguant qu’il n’existe pas de données probantes soutenant leur efficacité.
Il questionne également si d’autres remboursements, comme ceux pour les camps de vacances pour jeunes, seront limités à l’avenir, démentant que cela ait été annoncé, tout en insistant sur la nécessité pour les mutualités de justifier la pertinence sociale de leurs interventions.
**Marathon budgétaire en vue pour le gouvernement De Wever**
À l’approche de l’été, le gouvernement va chercher à réduire un déficit de 7 milliards d’euros. Le retour au travail des malades de longue durée est perçu comme un élément de cette stratégie, le ministre citant un impact potentiel de 1,9 milliard d’euros si ces politiques sont couronnées de succès.
En termes de soins de santé, le ministre appelle à investir tout en reconnaissant le besoin de réformes. Il insiste sur la nécessité d’éviter le gaspillage et d’améliorer l’efficacité.
Il conclut en soulignant l’importance d’une taxation équitable qui prenne en compte les patrimoines pour alléger les charges des ménages modestes. Alors que le parlement s’apprête à voter une loi-programme, le ministre revient sur l’indexation automatique plafonnée, la considérant comme une mesure équitable, bien qu’il admit que cela ne soit pas fait « de gaieté de cœur ».

