Incidents à Bruxelles ce vendredi : intervention policière contestée lors du vote du décret-programme.
Dès le matin du jeudi 5 juin 2026, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rue des Colonies. Le parquet de Bruxelles a annoncé ce vendredi 14 arrestations, dont 6 personnes majeures et 8 personnes mineures, pour des faits de port d’arme prohibée, dégradations, coups et blessures, rébellion ou tentative d’incendie criminel.
Dès le matin de ce jeudi, une forte tension est palpable dans les rues de Bruxelles. Avant le début de la séance plénière prévue à 14 heures, plusieurs milliers de manifestants se rassemblent déjà devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rue des Colonies, sous l’œil vigilant de la police.
Plus bas, près de la Gare centrale, des incidents émergent. Un groupe d’individus masqués tire des feux d’artifice et saccage du mobilier urbain. Un feu est également allumé au milieu de la route, ce qui pousse la police à intervenir avec une autopompe pour disperser la foule.
Aux abords du Parlement, les députés de la majorité, qui doivent se rendre à pied dans une zone neutre, sont chaleureusement hués par les manifestants. Parmi eux, le président des Engagés, Yvan Verougstraete, est particulièrement pris à partie par un groupe.
### La tension monte d’un cran à l’ouverture de la plénière
L’intensité des tensions s’accentue lors de l’ouverture de la plénière. Une alarme incendie retentit dans l’enceinte du Parlement, après qu’un petit groupe a réussi à entrer dans le bâtiment et à y lancer un fumigène, déclenchant ainsi l’alarme. Les forces de l’ordre repoussent rapidement ce groupe à l’extérieur, alors que d’autres manifestants se positionnent devant la porte pour prévenir toute autre intrusion.
Au paroxysme des tensions, la police lance une intervention musclée, utilisant des gaz lacrymogènes contre les manifestants, qui sont progressivement chassés vers la Gare centrale. Une vidéo montre une parent d’élève tentant d’interferer durant une arrestation, repoussée avec force et frappée avec une matraque. Elle témoigne : « Il m’a plaquée contre le mur, il m’a mis des colsons de manière assez serrée et je me suis faite insulter comme quoi de toute sa carrière il n’avait jamais vu une sale vieille comme ça. » Elle compte porter plainte.
### Les enseignants choqués par l’intervention de la police
Une fois le calme revenu près du Parlement, certains enseignants critiquent l’intervention policière, qualifiant celle-ci de disproportionnée. « Beaucoup, beaucoup de répression policière, souvent injustifiée », explique Gilles, un professeur d’histoire et de géographie. Bien qu’il n’ait pas été frappé, il parle de l’utilisation de gaz et de nombreuses charges policières pour repousser les manifestants.
### Une gestion des événements questionnée
Globalement, la gestion des événements suscite des interrogations. La foule était contenue près du Parlement, rue des Colonies, dans ce qu’on appelle la zone neutre, qui interdit les manifestations en raison de sa proximité avec les institutions.
Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), refuse de répondre aux questions sur la question de savoir si un dispositif plus souple a permis les débordements, comme l’intrusion au Parlement, et compliqué l’évacuation de la zone.
### La police réagit
Le parquet de Bruxelles annonce ce vendredi qu’il y a eu 14 arrestations, dont 6 majeures et 8 mineures, « pour des faits de port d’arme prohibée, dégradations, coups et blessures, rébellion ou tentative d’incendie criminel. »
La police de Bruxelles-Capitale/Ixelles se défend dans un communiqué, expliquant que lors de l’intervention des pompiers pour des infrastructures incendiées, ceux-ci ont dû quitter immédiatement les lieux en raison de projectiles, dont des feux d’artifice. La situation nécessitait une intervention policière pour éteindre le feu menaçant des bâtiments environnants et la santé publique.
La police reconnaît avoir eu recours au gaz lacrymogène, mais précise que les témoignages circulant sur une force disproportionnée ne reflètent qu’un instantané souvent décontextualisé. Elle regrette qu’une partie de la manifestation ait dégénéré, affirmant que des fauteurs de troubles se mêlaient aux manifestants pour commettre des actes de vandalisme.
Le vendredi, de nouvelles échauffourées se produisent près de la Gare centrale, entraînant d’autres interpellations.

