Belgique

Incendies en France : une image d’apocalypse, ou pas.

C’est l’histoire d’une image où le monde semble se préparer à son apocalypse. Deux transats, un parasol, quelques affaires éparpillées sur le sable, et en arrière-plan, un ciel enflammé, une planète en proie aux flammes.

Ce vendredi 24 juillet, sur la plage du Moutchic à Lacanau, Maximilien Lamy est témoin de cette scène. Il n’a pas d’appareil photo, seulement son smartphone. Cela suffira.

Lamy est homme d’image à l’AFP depuis plus de vingt ans. Il cadre le couple, les immenses fumées, cette étrange frontière entre un après-midi d’été et une réalité qui ressemble à la fin du monde.

Quelques heures plus tard, cette photographie, ainsi que d’autres de cette série, ne sont déjà plus tout à fait à Lacanau. Elles commencent à voyager. D’abord sur les réseaux sociaux, puis dans la presse internationale. Le Guardian, le Wall Street Journal, le New York Times, et la RTBF. Une image capturée avec un téléphone vient d’intégrer le récit mondial des incendies en Gironde.

Et chacun interprète cette image à sa manière. Indifférence, inconscience, climat, fin d’un monde. Lamy, quant à lui, s’abstient de porter un jugement. La plage n’était pas évacuée, le couple n’était pas en danger et ne pouvait rien contre les flammes, a-t-il précisé à plusieurs de nos confrères.

Ironie de l’histoire, à force d’être partagée, l’image semble appartenir à tout le monde. Pourtant, elle ne l’est pas. Même devenue virale, une photographie reste protégée par le droit d’auteur. Elle ne peut donc pas être republiée n’importe comment sur Facebook, Instagram ou ailleurs. Ajouter le nom du photographe ou la mention « copyright » ne suffit pas à autoriser sa reproduction.