
Incendies dans les Hautes-Fagnes : Xavier Fettweiss alerte, la Belgique « n’est pas prête » aux feux de forêt.
Cinq ans après les inondations dévastatrices qui ont touché la région liégeoise, la menace des incendies de forêt se fait de plus en plus pressante. En 2021, le climatologue Xavier Fettweiss avait déjà tiré la sonnette d’alarme au Parlement wallon, mettant en garde contre les sécheresses et les feux de forêt, en plus des inondations. Aujourd’hui, il constate que les Hautes-Fagnes, une région emblématique, sont en proie aux flammes, exacerbées par une sécheresse persistante, des températures élevées et des vents forts.
La question se pose : la Belgique est-elle réellement préparée à affronter ce nouveau danger ? Bien que des mesures aient été prises, telles que la formation des pompiers à la lutte contre les feux de forêt, Fettweiss estime que les ressources sont encore largement insuffisantes. Il déclare : « Il manque d’équipement et il manque d’hommes aussi parce qu’il faut les relayer, tous ces pompiers-là. » Sa conclusion est sans appel : « Pour le moment, on n’est pas prêt. »
Le climatologue souligne que le problème dépasse le simple manque de personnel et de matériel. Il appelle à une meilleure cartographie des forêts et de leurs accès, citant l’exemple de la France, où les secours disposent d’informations précises sur les parcelles boisées. « En France, tout… Parcelles de bois et cartographie, on sait comment accéder », explique-t-il, tandis qu’en Belgique, il n’existe pas de telles données.
Les étés belges, selon Fettweiss, deviendront non seulement plus secs, mais également plus contrastés. Il prédit qu’un été sur trois sera très sec, tandis qu’un sur dix sera très humide. Ce changement climatique fragilise les forêts, déjà malades, augmentant ainsi le risque d’incendies. « Ce changement hydrique avec des étés de plus en plus secs va générer des sécheresses et donc des feux de forêt », avertit-il.
Le climatologue insiste sur la nécessité d’adapter les forêts aux nouvelles conditions climatiques. Certaines espèces d’arbres, comme les épicéas et les hêtres, sont particulièrement vulnérables aux sécheresses. Pour y remédier, il préconise d’introduire progressivement des espèces plus résilientes, comme des sapins du Liban. Cependant, ce processus prendra du temps, car les arbres sont plantés pour durer un siècle.
Fettweiss évoque également la nécessité de multiplier les petites retenues d’eau dans les forêts pour disposer d’une ressource en cas de sécheresse. « Il manque clairement des petites retenues d’eau, des petits étangs, des petits barrages un peu partout dans les forêts », souligne-t-il.
Les zones à risque ne se limitent pas aux Hautes-Fagnes. Selon lui, l’extrême sud de la Belgique, notamment la Gaume et la vallée de la Semois, est particulièrement exposé. Il met en garde contre la forêt de Soignes, qu’il considère comme « le plus gros danger en Belgique », en raison de sa proximité avec Bruxelles. En cas d’incendie, les fumées pourraient rapidement atteindre la capitale, rendant la situation ingérable.
Enfin, Fettweiss prédit que les grands incendies pourraient devenir une réalité récurrente en Belgique, avec un été sur trois risquant d’être très sec. « Ça pourrait grandir encore plus dans les années futures », conclut-il, soulignant l’impact du réchauffement climatique sur la fréquence des sécheresses.
