Belgique

Incendie des Hautes Fagnes : qui sont les bénévoles vigilants ?

Gerd Xhonneux, un bénévole engagé au Parc Naturel des Hautes Fagnes, a joué un rôle crucial vendredi dernier. Alors qu’il patrouillait dans la région, il a remarqué une colonne de fumée émanant de la Fagne des Deux-Séries. « Ce matin, je me disais que je devais monter dans les Fagnes pour surveiller les environs », a-t-il déclaré à la RTBF. En tant que steward, sa mission consiste à observer et à signaler toute anomalie, notamment les départs de feu. Rapidement, il a alerté les secours et le Département de la Nature et des Forêts (DNF) pour signaler l’incendie.

Actuellement, environ 120 stewards bénévoles, comme Gerd, se consacrent à la surveillance et à l’accueil des visiteurs au Parc Naturel des Hautes Fagnes. Leur rôle est essentiel, car ils complètent l’action des agents du DNF, présents de manière intermittente. Ces bénévoles sont là pour encadrer, conseiller et informer les promeneurs, veillant à ce que les règles de préservation de la nature soient respectées.

Depuis 2024, les stewards sont actifs dans ce parc. Stéphane Califice, coordinateur du projet, précise que chaque steward s’engage à consacrer au moins 12 jours par an à cette mission. La majorité des bénévoles sont des retraités, mais l’âge des stewards varie de 18 à 80 ans, avec une moyenne autour de 65-67 ans. Bien que beaucoup soient originaires de la région, d’autres viennent de différentes parties de la Belgique, unis par leur passion pour la nature.

La présence des stewards est particulièrement cruciale les week-ends et jours fériés, lorsque le nombre de gardes forestiers est réduit. « Ils ont des yeux là où les gardes ne peuvent être », souligne Califice. En plus de surveiller le respect des règles, les stewards sensibilisent les visiteurs aux risques d’incendie et aux bonnes pratiques, comme le fait de ne pas abandonner de déchets ou de garder les chiens en laisse. Leur mission ne comprend pas la verbalisation, qui reste la prérogative des gardes forestiers.

Les stewards sont également disponibles pour aider les visiteurs, en leur fournissant des informations sur les itinéraires ou en guidant ceux qui se sont égarés. « S’il n’y avait pas eu de stewards, le feu aurait probablement été détecté beaucoup plus tard », a souligné Stéphane Califice.

Malgré leur importance, le projet de stewardship fait face à des incertitudes financières. Chaque steward suit deux jours de formation, l’une axée sur la réglementation et l’autre sur la communication avec le public. Actuellement, ils sont déployés dans sept zones du parc, mais le nombre de bénévoles disponibles est insuffisant pour assurer une couverture optimale. « Idéalement, nous devrions avoir entre 8 et 10 stewards par jour, mais nous sommes souvent à 4 ou 5 », déplore Califice.

Le financement du projet, qui est soutenu par la Région wallonne, est garanti jusqu’à fin août de cette année. Toutefois, l’avenir de la coordination du projet reste incertain, et Califice espère obtenir des fonds pour maintenir cette initiative vitale. La présence des stewards est d’autant plus cruciale dans des situations d’urgence, comme l’incendie récent, qui a mis en lumière leur rôle indispensable dans la protection de la Fagne.

En parallèle, d’autres bénévoles, comme ceux de l’association « Les Amis de la Fagne », contribuent également à la préservation de cette région. Depuis près d’un siècle, cette association organise des excursions guidées pour sensibiliser le public et a acquis des terrains qu’elle gère elle-même. Certains de ses membres agissent aussi en tant que stewards, renforçant ainsi l’engagement collectif pour la sauvegarde des Hautes Fagnes.

Roger Herman, président honoraire de l’association, exprime ses inquiétudes concernant les répercussions de l’incendie sur les projets de restauration. « J’espère que le feu ne pénétrera pas trop profondément dans la tourbe », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de protéger cet écosystème fragile. Les bénévoles continuent de travailler pour préserver la beauté et la biodiversité des Hautes Fagnes, malgré les défis posés par les incendies et les contraintes de financement.