
Incendie des Hautes Fagnes : enquête sur images satellites et fauchage autorisé
Ce mardi, le parquet du procureur du Roi de Liège a lancé une enquête judiciaire pour déterminer les circonstances entourant un incendie qui a ravagé la réserve naturelle des Hautes Fagnes. Les premières investigations suggèrent que le sinistre pourrait être lié aux activités d’un engin agricole.
Pour mieux comprendre l’origine de cet événement tragique, des images provenant des réseaux sociaux, des satellites, ainsi que des témoignages recueillis sur place, ont été analysés. Ces éléments ont permis d’identifier le point de départ du feu, une information cruciale pour les enquêteurs qui tentent de reconstituer les faits.
Des parachutistes présents dans la région ont filmé le début de l’incendie. À 13h14 le 14 août, ils ont repéré une colonne de fumée émanant d’une zone précise, indiquant que l’incendie venait tout juste de commencer, les flammes n’étant pas encore visibles. Cette observation a coïncidé avec les premiers signalements de l’incendie, qui ont été effectués aux alentours de 13 heures.
L’analyse des images aériennes a révélé que la fumée provenait d’une parcelle rectangulaire en bord de route, partiellement grisée, avec une bande verte visible à l’intérieur. Ces données concordent avec les informations recueillies par les équipes d’enquête, qui ont également noté que la zone était gérée par la Direction de Malmedy du Département de la Nature et des Forêts (DNF).
Des images satellites prises à 12h40 montrent un point jaune correspondant à l’emplacement de la fumée, bien que cela ne puisse pas être confirmé comme étant le début de l’incendie. La direction du vent et la propagation des flammes vers le sud-est, en direction de Ternell et de la frontière allemande, renforcent l’hypothèse selon laquelle cet endroit est effectivement le point de départ du feu.
Le porte-parole du SPW, Nicolas Yernaux, a confirmé que des travaux de fauchage étaient en cours dans cette zone. Il a également mentionné qu’un engin forestier était présent sur le site dans les heures précédant l’incendie, corroborant ainsi l’hypothèse d’une possible implication de cet engin dans le départ du feu. Ce dernier n’était cependant plus sur les lieux au moment où l’incendie a éclaté.
Les machines utilisées pour le fauchage, comme les gyrobroyeurs à marteaux, peuvent générer des étincelles, surtout dans des conditions de sécheresse. Le directeur général d’une entreprise spécialisée a expliqué que ces engins, en contact avec des pierres, peuvent provoquer des étincelles susceptibles d’allumer un feu.
Le 14 août, les conditions météorologiques étaient particulièrement défavorables, augmentant le risque d’incendie. Luc Evrard, directeur général d’une société de fauchage, a exprimé son indignation face à l’utilisation de telles machines dans des conditions de sécheresse. Une cellule d’expertise, Celex, surveille en permanence le risque d’incendie dans les espaces naturels, et un communiqué du 10 août indiquait que le risque était élevé jusqu’au 15 août.
L’enquête judiciaire se poursuit, avec plusieurs experts sur le terrain pour déterminer les causes exactes de l’incendie. David Roussel, technicien forestier, a été mandaté pour analyser les conditions ayant conduit à l’embrasement de la zone. Les investigations en cours devraient permettre de clarifier le lien entre les travaux de fauchage et l’incendie qui a ravagé plus de 3000 hectares dans le parc naturel des Hautes Fagnes.
