
Incendie dans les Fagnes : pourquoi ne fauche-t-on pas avant l’été ?
L’incendie survenu le 14 août dans les Hautes Fagnes pourrait avoir été déclenché par un engin agricole dédié au fauchage, selon les premières investigations du parquet de Liège. Cette hypothèse soulève des questions sur les pratiques de gestion des espaces naturels, où le fauchage, tout comme le pâturage ou le décapage, joue un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité.
Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie (SPW), souligne l’importance de ces techniques : « Ces méthodes ont montré leur efficacité depuis de nombreuses années. Le fauchage permet de laisser sur place l’herbe coupée et les feuilles de molinie, ce qui contribue à réduire l’évapotranspiration et à améliorer le niveau des nappes phréatiques. Cela favorise également le retour d’autres espèces végétales et d’oiseaux, comme la grue cendrée, qui est particulièrement emblématique. »
Cependant, le fauchage doit être effectué à des périodes spécifiques de l’année, généralement en été. Yernaux précise que, bien que le risque d’incendie soit élevé dans les milieux ouverts en Wallonie, « les Hautes Fagnes n’étaient pas considérées comme les zones les plus à risque, car la molinie y est très verte durant cette période ».
Il explique que le fauchage est évité au printemps, lorsque la molinie est sèche et que le risque d’incendie augmente, notamment en raison de la période de nidification. De même, l’hiver n’est pas propice à cette activité en raison de l’humidité excessive du sol. « Il arrive même que certains étés soient trop humides pour faucher, comme l’été dernier », ajoute-t-il.
Concernant l’incendie, Yernaux indique que la machine a été utilisée tôt le matin sur une zone de 12 hectares, et que le feu a éclaté plusieurs heures plus tard dans l’après-midi. « Il est donc plausible qu’il existe un lien entre l’utilisation de l’engin et l’incendie. L’enquête devra déterminer si la machine a rencontré un problème », précise-t-il.
En résumé, bien que le fauchage soit une pratique nécessaire pour la biodiversité, il est crucial de respecter les périodes appropriées pour éviter des incidents tels que celui survenu dans les Hautes Fagnes.
