
Incendie dans les Fagnes : Anne-Catherine Dalcq réclame plus de cohérence au DNF.
L’incendie survenu dans les Hautes-Fagnes suscite toujours des interrogations et fait l’objet d’une enquête judiciaire. Le parquet de Liège explore plusieurs pistes, dont celle d’un éventuel lien avec des travaux de fauchage réalisés par le Département de la Nature et des Forêts. En parallèle, la ministre wallonne, Anne-Catherine Dalcq, a décidé de mener une enquête administrative afin de clarifier le processus décisionnel qui a conduit à cette situation.
L’objectif de cette enquête n’est pas de remplacer l’action de la justice, mais de tirer des leçons sur le fonctionnement de l’administration. La ministre souligne qu’il est crucial d’améliorer la clarté au sein de la chaîne décisionnelle. Elle déclare : « Il y a une norme qui est donnée, parfois il y a une interprétation différente de la norme et il faut beaucoup plus de cohérence, que les choses soient plus claires, que les critères soient bien précis. »
Dalcq met également en avant la complexité des niveaux d’intervention au sein des services concernés. Elle insiste sur la nécessité de mieux définir les responsabilités de chacun, affirmant que « les choses doivent être beaucoup plus claires pour la prise de décision. »
Cette réflexion ne débute pas de zéro, car la ministre avait déjà identifié la nécessité d’un meilleur encadrement de l’autonomie des agents du Département de la Nature et des Forêts (DNF) et a engagé une réforme en ce sens. Parmi les mesures envisagées, la création d’un référentiel destiné à guider les décisions sur le terrain est à l’étude. « On réalise un référentiel basé sur les expériences étrangères pour avoir vraiment un cadre beaucoup plus clair pour que l’agent prenne une décision », précise-t-elle.
Cependant, l’enjeu dépasse largement l’incendie actuel. Face à des épisodes de chaleur et de sécheresse qui pourraient favoriser la récurrence de tels sinistres, la Wallonie envisage également des adaptations pour les Hautes-Fagnes. La ministre souhaite établir un cadastre des aménagements nécessaires pour garantir une intervention rapide des secours. Parmi les dispositifs envisagés figurent des colonnes d’eau et des coupures supplémentaires dans le massif.
Des discussions sont déjà en cours avec les zones de secours. « J’attends vraiment le retour de l’administration parce que je sais que déjà aujourd’hui, ils travaillent avec les zones de secours pour réfléchir à la fagne de demain », explique Anne-Catherine Dalcq.
La question se pose alors : comment renforcer les capacités d’intervention sans altérer un espace d’une richesse environnementale exceptionnelle ? Pour la ministre, il est essentiel de trouver un juste équilibre entre ces deux impératifs. « La fagne est riche en nature, en biodiversité, mais il faut vraiment trouver l’équilibre entre la nature, la biodiversité et les aménagements humains pour éteindre un incendie, pour protéger cette biodiversité », déclare-t-elle.
Enfin, des moyens supplémentaires pourraient être alloués au DNF, notamment pour l’équipement en drones et en caméras thermiques. Une réflexion est également en cours sur la possibilité d’interdire complètement l’accès au massif durant les périodes de forte chaleur et de sécheresse, lorsque le risque d’incendie est jugé critique.
