Belgique

Guinguettes : histoire et origine de ces bars en plein air.

Les guinguettes, qui ont leur âge d’or entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, sont des cabarets installés hors taxe, rapidement fréquentés par les Parisiens. Aujourd’hui, six guinguettes animeront à nouveau les espaces verts de Bruxelles tout au long de l’été.


Derrière le terme guinguette se cache l’idée d’un lieu de loisirs populaire où les gens viennent pour boire, manger et danser, souvent à l’extérieur ou dans des cabarets modestes à la périphérie des villes.

L’émergence de ces établissements est principalement liée à une réalité économique surprenante : la fiscalité. Au XVIIe et XVIIIe siècles, Paris est entourée de barrières d’octroi qui imposent des taxes sur les marchandises entrant dans la ville, notamment le vin. Par conséquent, le prix d’une boisson est plus élevé à l’intérieur des murs de la ville qu’à l’extérieur.

Pour échapper à ce système, de nombreux débitants ouvrent leurs établissements juste au-delà de ces limites urbaines. Avant même l’agrandissement de Paris en 1860, qui inclut certaines communes voisines, ces lieux se multiplient en périphérie immédiate, où l’impôt n’est plus appliqué.

Ainsi, par opportunisme économique, les premières guinguettes apparaissent : des cabarets situés en dehors du champ d’imposition, rapidement prisés par les Parisiens recherchant des prix plus abordables. À ces raisons économiques s’ajoute le désir de sortir de la ville. Le dimanche, les gens franchissent les barrières pour boire, manger et profiter d’un air plus libre, ces établissements devenant peu à peu des espaces de fête et de convivialité.

### Un peu d’étymologie

À l’origine, les gens venaient pour boire un verre, et c’est ainsi que le vin a finalement donné son nom à ces lieux. Le mot « guinguette » proviendrait de « guinguet », un vin blanc léger et bon marché produit autour de Paris, souvent servi dans ces établissements périphériques. Par extension, le terme a progressivement désigné ces lieux eux-mêmes, symboles de frivolité et de plaisirs printaniers.

Les guinguettes vivent leur apogée en France entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. À cette période, le développement des transports et l’extension de la ville permettent aux Parisiens de s’éloigner plus facilement du centre pour rejoindre les bords de la Seine et surtout de la Marne, qui deviennent des endroits de détente très prisés le dimanche.

Ces escapades nourrissent alors un nouvel imaginaire, celui des loisirs populaires en plein air, inspirant de nombreux artistes de l’époque, notamment les peintres impressionnistes comme Claude Monet et Pierre-Auguste Renoir. Pour ce dernier, cet univers est central. Attiré par les scènes de vie simples et les moments de convivialité, il immortalise les guinguettes des bords de Seine à plusieurs reprises durant sa période impressionniste, notamment dans son œuvre emblématique, *Le Bal du moulin de la Galette*.

### Un retour chez nous depuis dix ans

Progressivement oubliées, les guinguettes sont aujourd’hui redevenues à la mode. À Bruxelles, six guinguettes vont animer les espaces verts de la capitale tout au long de l’été.

Ces lieux éphémères se distinguent par une attention particulière portée aux personnalités locales : chaque guinguette porte un prénom en lien avec son parc d’accueil. Fabiola, au parc Roi Baudouin, rend hommage à l’ancienne reine des Belges, tandis qu’André, au parc de Laeken, fait référence aux architectes de l’Atomium, André Waterkeyn et André Polak.

« En dix ans, les guinguettes sont devenues bien plus que des terrasses estivales : elles incarnent l’esprit convivial, durable et inclusif que nous voulons pour nos espaces verts », a déclaré Ans Persoons, secrétaire d’État bruxelloise à l’Environnement, lors de l’ouverture de la guinguette Maurice au parc du Cinquantenaire, qui marque le coup d’envoi de la saison.

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Le coup d’envoi de la saison des guinguettes bruxelloises est officiellement donné.