1er Mai 2026 : bilan des rassemblements du PS, MR, PTB et syndicats.
Georges-Louis Bouchez, le président du MR, a déclaré : « Ça fait au moins 15 ans que la classe politique ne vous parle plus de croissance » lors du meeting du 1er Mai à Blegny. Au même moment à Charleroi, Paul Magnette, le président du PS, a affirmé : « Jamais on n’a vu des attaques contre les travailleurs, contre leurs droits, contre le pouvoir d’achat comme celles qu’on vit aujourd’hui ».
L’un s’est exprimé à Blegny, Georges-Louis Bouchez, président du MR ; l’autre à Charleroi, Paul Magnette, président du PS ; et à Bruxelles, Raoul Hedebouw pour le PTB, chacun mobilisant ses militants tout en critiquant ses adversaires politiques.
Lors de la fête du 1er Mai du MR, le bilan de « Pablo de Charleroi » a été attaqué. À Charleroi, lors de la célébration socialiste, les gouvernements de droite ont été stigmatisés avec l’affirmation que « la Belgique devient, à cause des gouvernements de droite, l’homme malade de l’Europe« . À Bruxelles, le PTB a appelé à la « résistance populaire » pour faire « plier le gouvernement« .
À Blegny, où le MR a choisi d’organiser son meeting, un grand panneau affichait le slogan « Notre travail gagne du terrain ». Le MR s’est félicité d’avoir éjecté le PS du pouvoir lors des récentes élections communales, en s’alliant avec Les Engagés.
Les dirigeants du parti, dont différents ministres, se sont succédés à la tribune. Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, a fait l’éloge des résultats en matière d’emploi, affirmant que son équipe a accompli ce que les socialistes n’avaient pas fait en plus de 100 ans.
Le ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet, a critiqué les syndicats qui préfèrent les grèves. Il les a accusés de ne pas respecter ni encourager le travail, affirmant que cela nuit à l’image du pays.
Les responsables du MR ont chauffé l’assistance avant l’intervention de Georges-Louis Bouchez. Ce dernier a d’abord répliqué aux critiques de gauche sur le choix du site minier. Il a déclaré que, lui aussi, est le petit-fils d’un mineur, soulignant que venir d’un milieu populaire ne doit pas conduire à la jalousie sociale ou à la lutte des classes.
Il a ensuite évoqué le manque de croissance économique en Belgique, expliquant que depuis quinze ans, la classe politique n’aborde plus ce sujet. Bouchez a interrogé comment le gouvernement pourrait faire face à une charge de 18 milliards d’euros supplémentaires en sept ans sans croissance. Il a annoncé que le mouvement réformateur proposerait un « Big Deal de la croissance ».
Ce Big Deal, selon lui, devrait se fonder sur une énergie abondante et peu coûteuse, soulignant l’importance d’une lettre d’intention signée avec Engie en vue de reprendre le parc nucléaire, estimant qu’il est temps d’inverser les erreurs faites en matière énergétique depuis 25 ans.
En réponse aux critiques sur le pouvoir d’achat, Bouchez a souligné les mesures prises, telles que la réduction des droits d’enregistrement en Wallonie. Il a aussi défendu les 240 heures supplémentaires comme un soutien aux travailleurs. Concernant les 500 euros promis par le MR, il a réitéré que cette promesse sera honorée par une réforme fiscale.
Bouchez a affirmé que le MR n’est pas un parti d’allocations sociales, mais celui du travail, insistant sur les défis budgétaires et du pouvoir d’achat. Selon lui, pour avoir plus de pouvoir d’achat, il faut moins d’État, citant la dépense publique élevée de la Belgique par rapport aux Pays-Bas.
Il a critiqué ceux qui entretiennent un système social qui, selon lui, permet aux partis, syndicats ou mutuelles de prospérer, et a affirmé que la véritable lutte pour le bien-être passe par un État qui restitue aux gens.
Paul Magnette, le président du PS, était également sur le terrain à Charleroi. Il a dénoncé les actions du MR, les qualifiant d’indécentes, insinuant que le gouvernement actuel attaque les droits des travailleurs. Magnette a estimé que ces mesures sont les pires depuis les années 60, et a cité les étudiants, les travailleurs, les pensionnés et les chômeurs comme des victimes des politiques actuelles.
Il a aussi dénoncé l’impunité des grandes entreprises en citant les surprofits réalisés par les multinationales de l’énergie. Magnette a ajouté que les hauts salaires ne paient plus de cotisations sociales, ce qu’il a qualifié d’insupportable. Il a critiqué la gestion budgétaire du gouvernement, affirmant que le déficit double et les faillites augmentent.
Le président du PS a mis en avant l’absence de création d’emplois, affirmant que la Belgique souffre d’un mauvais bulletin économique. Magnette a promis de revenir avec des alternatives, y compris des propositions visant à créer des emplois. Il a conclu en affirmant que tout ce que la droite a démoli sera reconstruit.
Raoul Hedebouw, du PTB, a aussi mobilisé ses troupes à Bruxelles, plaidant pour la résistance populaire. Il a souligné les victoires passées grâce aux actions sociales, notamment le report d’une réforme sur les pensions. Il a mis en garde le MR et les Engagés sur leur politique, exigeant le retrait d’une réforme provoquant des pertes de revenus.
Hedebouw a aussi dénoncé ce qu’il appelle « le casse du siècle », accusant le gouvernement de favoriser les dépenses militaires au détriment de la sécurité sociale et de la transition climatique.
Du côté des syndicats, Jean-François Tamellini, de la FGTB wallonne, a affirmé que le 1er Mai représentait la lutte des travailleurs contre l’exploitation. Il a déploré les attaques des gouvernements sur les services publics, allégant que cela conduit des milliers de personnes vers la précarité. Tamellini a proposé des alternatives, plaidant pour une réduction collective du temps de travail pour créer des emplois.

