Belgique

Guerre au Moyen-Orient : neuvième nuit de frappes et ripostes

Deux militaires américains ont été tués vendredi par des frappes iraniennes contre une base en Jordanie, et des restes non identifiés, qui pourraient appartenir à un troisième porté disparu, ont été retrouvés sur les lieux de l’attaque, selon le Centcom. Côté iranien, le dernier bilan officiel, publié vendredi par le ministère de la Santé, fait état de 50 morts et plus de 500 blessés depuis la reprise des combats début juillet.


Deux militaires américains ont trouvé la mort vendredi à la suite de frappes iraniennes ciblant une base en Jordanie, et des restes non identifiés, potentiellement ceux d’un troisième soldat porté disparu, ont été découverts sur le site de l’attaque, comme l’a annoncé le Centcom. Un autre soldat est décédé samedi lors d’une opération de destruction contrôlée de munitions non explosées d’un drone iranien abattu dans le nord de l’Irak, ce qui porte à 17 le nombre de militaires américains tués depuis le début du conflit le 28 février. Du côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi par le ministère de la Santé fait état de 50 morts et plus de 500 blessés depuis la reprise des combats au début du mois de juillet.

Un protocole d’accord signé entre l’Iran et les États-Unis le 17 juin, qui devait initier un cycle de négociations de paix, s’est totalement effondré avec le retour des hostilités entre les deux pays, l’impasse portant sur le détroit d’Ormuz. Ce détroit stratégique, par lequel passait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, est à nouveau contrôlé par l’Iran depuis la reprise des combats avec les États-Unis. En réponse, ces derniers ont réimposé un blocus des ports iraniens.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont déclaré lundi avoir « arrêté » par la force deux nouveaux pétroliers tentant de traverser le détroit, selon des médias officiels. L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté qu’un navire était en flammes à 8 milles nautiques (environ 15 km) au nord-ouest du village omanais de Kumzar, sans en préciser la cause. Les prix du pétrole, qui s’étaient stabilisés après la signature du protocole d’accord, ont de nouveau augmenté. Lundi matin, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a franchi la barre des 90 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis juin.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a appelé dimanche soir la communauté internationale à se joindre aux États-Unis pour « protéger le transport maritime » dans le détroit d’Ormuz. « D’autres pays doivent commencer à intensifier leurs efforts et fournir une aide pour partager ce fardeau, que ce soit sous forme de moyens matériels ou financiers », a plaidé Marco Rubio. « Les États-Unis restent toujours ouverts à une solution diplomatique. Nous avons tenté à plusieurs reprises avec l’Iran, et nous continuerons d’essayer », a-t-il néanmoins ajouté.

À Koweït, l’armée a annoncé faire face lundi à l’aube à « des attaques de drones hostiles iraniens ». Les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir frappé la base aérienne Ali Al-Salem, incendié plusieurs drones qui s’y trouvaient et détruit un radar d’alerte précoce américain. Les sirènes d’alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, qui abrite une importante base navale américaine, où l’ambassade des États-Unis a averti ses ressortissants d’éventuelles frappes iraniennes dans le centre de la capitale Manama.

Les Gardiens de la Révolution ont également annoncé avoir mené « une attaque surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l’ennemi dans la région d’Al-Tanf, en Syrie, en représailles pour le sang des soldats tombés en martyrs d’Iranshahr », a rapporté l’agence officielle Irna sur Telegram.

Dimanche soir, l’agence iranienne Tasnim avait évoqué les funérailles de trois soldats tués lors d’une attaque américaine visant une caserne d’Iranshahr, dans le sud-est de l’Iran. Les Gardiens avaient déjà affirmé vendredi avoir attaqué la base d’Al-Tanf, désormais sous contrôle de l’armée syrienne, qui en a repris le contrôle en février après le retrait des États-Unis. Toutefois, une source militaire syrienne avait ensuite démenti à l’AFP tout bombardement. La base d’Al-Tanf se situe dans le sud-est de la Syrie, à proximité des frontières avec la Jordanie et l’Irak.

Les Gardiens ont également déclaré lundi avoir tiré des missiles balistiques sur des avions de l’armée américaine à l’aéroport d’Aqaba en Jordanie, près de la frontière avec Israël, « causant de sérieux dégâts à plusieurs d’entre eux », selon la télévision d’État.

Dimanche, l’armée israélienne avait annoncé avoir intercepté, en collaboration avec l’armée jordanienne, un missile iranien visant Aqaba, port de la mer Rouge proche d’Eilat en Israël.