Belgique

Grève Letec les 27 et 28 août : aucun bus à Charleroi, moitié à Namur, un sur trois à Liège

Le front commun syndical a décidé de déposer un préavis de grève, suite à l’échec d’une conciliation régionale survenue au début du mois d’août. Une rencontre avec la direction, qui a eu lieu ce mardi, n’a pas permis de dissiper les craintes d’une grève imminente.

À Charleroi, un piquet de grève a été mis en place par le syndicat libéral CGSLB, entraînant l’arrêt total des bus et métros dans la région, à l’exception de quelques lignes spécifiques, comme la 451 reliant Charleroi à Philippeville, gérée par LETEC Namur, et la 109 reliant Charleroi à Chimay, sous-traitée.

À Namur, la situation est également préoccupante, avec plus de 40 % des trajets annulés. De son côté, le réseau de Liège-Verviers annonce qu’un voyage sur trois sera supprimé jeudi matin. Bien que les dépôts ne soient pas bloqués et que certains véhicules puissent circuler, la porte-parole Isabelle Tasset a précisé que les perturbations sont dues à l’absence de certains agents participant au mouvement de grève.

Pour les usagers, Letec recommande de prévoir des alternatives aux bus ou tram pour leurs déplacements de jeudi et de consulter régulièrement le site internet ou l’application pour des mises à jour sur les horaires, les suppressions de voyages étant directement visibles lors de la recherche. De plus, la société de transports prévoit des perturbations significatives pour le vendredi suivant.

Le secrétaire interrégional de la CGSP Tram-Bus-Métro, Serge Delchambre, a expliqué que cette grève de 48 heures vise à « mettre la pression » sur les décideurs politiques. Le sujet de la conciliation échouée concerne l’octroi d’écochèques d’une valeur de 100 euros par an, dont la convention a pris fin l’année dernière. L’Opérateur de transport de Wallonie (OTW) avait signalé que le gouvernement fédéral avait l’intention de supprimer ces écochèques, rendant ainsi les discussions sur ce sujet obsolètes.

Cependant, lorsque les mesures budgétaires fédérales ont été publiées, la suppression des écochèques n’y figurait pas, ce qui a conduit les syndicats à demander leur maintien jusqu’en 2026. La direction a, quant à elle, évoqué des raisons économiques pour justifier son refus. Delchambre a critiqué cette position, soulignant que des discussions sur les économies avaient été convenues, mais que la question des écochèques n’était pas abordée.

Il a également été rapporté que la direction était prête à rétablir les écochèques en échange de la suppression des « heures de chaleur », un dispositif permettant aux chauffeurs de bénéficier d’une heure de compensation lorsque les températures dépassent 27 degrés à Uccle. Delchambre a qualifié cette proposition de « manque de respect ».

Les syndicats et la direction se sont rencontrés récemment, mais les discussions n’ont pas porté sur les écochèques, selon Stéphane Thiery, directeur marketing de Letec. Il a précisé que la réunion était axée sur un plan d’économies imposé par le gouvernement régional.

Le contrat de service public, présenté en juin par le ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes, et l’OTW, prévoit des économies d’environ 20 millions d’euros d’ici 2029, représentant un peu plus de 2 % du budget global de Letec. Une réunion entre la direction et les syndicats sur ces mesures d’économie pourrait avoir lieu, ce qui pourrait influencer l’action de grève. Toutefois, Delchambre a exprimé ses craintes quant à de possibles fortes perturbations sur le réseau la semaine prochaine, en raison d’un climat social tendu.