Grève historique chez Samsung : risque pour la chaîne mondiale de l’IA
Le groupe Samsung, fondé en 1938, représente un quart des exportations sud-coréennes et emploie plus de 260.000 personnes dans le monde, dont 120.000 en Corée. Les négociations entre le syndicat et la direction de Samsung Electronics ont échoué, le groupe estimant que « accéder aux revendications syndicales excessives risquerait de compromettre les principes fondamentaux de la gestion de l’entreprise ».
Le groupe Samsung, qui signifie « trois étoiles » en coréen, a été fondé en 1938 comme une société de négoce de nouilles et de poissons séchés, et est maintenant un conglomérat sud-coréen principalement dominé par Samsung Electronics. Cette dernière vient de dépasser les 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière. En Asie, seul TSMC, le plus grand fabricant mondial de semi-conducteurs, possède une capitalisation boursière supérieure à 1800 milliards de dollars.
Le groupe représente à lui seul un quart des exportations sud-coréennes et 26 % de la Bourse de Séoul, employant plus de 260 000 personnes à travers le monde, dont 120 000 en Corée. Samsung est ainsi le plus grand employeur du pays. L’année dernière, le conglomérat, actif dans des domaines variés tels que les assurances, les parcs de loisirs, la construction, le nucléaire et l’armement, a réalisé près de 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont la moitié provient de la vente de smartphones, de PC, de téléviseurs et de produits électroménagers.
Samsung Electronics, à l’instar du reste de l’industrie, bénéficie de l’engouement des investisseurs pour l’intelligence artificielle et tire de bons profits de ses puces et de ses composants mémoires, intégrés dans des appareils électroniques et particulièrement dans les centres de données alimentés par des géants de l’IA comme Google, OpenAI et Nvidia.
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Au premier trimestre 2026, Samsung Electronics a multiplié par six son bénéfice net sur un an, enregistrant un chiffre d’affaires record de 77 milliards d’euros, soit le double de l’année précédente.
Les usines de ce géant sud-coréen sont au cœur de l’intelligence artificielle générative, produisant des mémoires à haute bande passante qui permettent aux GPU, comme ceux de Nvidia, de fonctionner à pleine puissance dans les centres de données du monde entier. Dans ce secteur stratégique, Samsung partage le leadership mondial avec deux autres entreprises : SK Hynix et Micron, formant ainsi un trio essentiel pour l’approvisionnement global en composants pour l’IA.
En somme, dans la course à l’intelligence artificielle, le géant sud-coréen est indispensable. Les experts estiment que son ascension n’est pas prête de s’arrêter. Toutefois, Samsung, comme ses pairs, doit naviguer dans un environnement géopolitique complexe, marqué par la guerre au Moyen-Orient et les interrogations sur les investissements colossaux dans l’IA et leurs retombées concrètes.
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La contestation grandit au sein des usines et des bureaux de Samsung. Les employés réclament une répartition plus équitable des bénéfices, en demandant des bonus liés à la performance de la division puces. Le syndicat exige une augmentation de 7 % des salaires fixes, la suppression du plafond des bonus actuellement limité à 50 % du salaire annuel, et souhaite que 15 % du bénéfice d’exploitation soit consacré aux primes.
Pour l’instant, les négociations ont échoué, le groupe estimant que « répondre aux demandes syndicales excessives risquerait de compromettre les principes fondamentaux de la gestion de l’entreprise. »
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Un tel mouvement, la deuxième grève de l’histoire de Samsung Electronics après celle de mai 2024, pourrait coûter 20 milliards de dollars à l’entreprise et entraîner des conséquences pour le reste du monde. Des analyses prévoient déjà une chute significative de la production en cas de grève prolongée, malgré l’automatisation des lignes de production. Cela pourrait entraîner une hausse des prix et des pertes considérables dans le secteur des semi-conducteurs et de mémoire.
La Banque centrale sud-coréenne estime que le pire scénario pourrait faire chuter la croissance prévue de 2 % cette année de 0,5 point. Dans un marché déjà sous pression, les analystes évaluent que 18 jours de grève suffiraient à perturber l’approvisionnement mondial en mémoires vives et de stockage de 2 à 4 %. Au-delà du conflit social, les enjeux sont donc d’ordre industriel.

