
Grève des services publics ce mardi à Bruxelles, possible en Wallonie.
Laurent Pirnay, président de la CGSP, explique que tous les secteurs des services publics, tels que les hôpitaux publics et les CPAS, sont appelés à faire grève ce mardi pour dénoncer les mesures d’économie. Vinciane Convens, secrétaire nationale de la CNE, souligne que la mobilisation à Bruxelles aura aussi des conséquences dans les services publics wallons.
« Nous nous mobilisons pour rappeler à tous l’importance des services publics dans notre projet de société », explique Laurent Pirnay, président de la CGSP. « Dans les services publics, on parle de l’humain, de services rendus à la population, de soins accordés, d’enseignements à donner… et on ne sait pas faire plus avec moins ». Le représentant du syndicat socialiste critique les politiques qui encouragent les économies dans les services publics. « C’est une erreur. Il faut au contraire travailler et développer les services publics », assure Laurent Pirnay.
Vinciane Convens, secrétaire nationale de la CNE pour le secteur non-marchand, partage ce sentiment : « La journée internationale des services publics est une occasion en or pour rappeler au gouvernement l’importance des services publics et, par extension, des services non-marchands qui sont également des services à la population, dispensés par des travailleurs très investis ».
Les employés des communes, des CPAS, des hôpitaux publics, des secteurs du handicap, du sans-abrisme, de l’aide aux familles, de l’insertion, des maisons de repos et des centres de santé mentale sont tous invités à faire grève et à manifester ce mardi pour dénoncer les mesures d’économie.
**Stop aux mesures d’économies dans les services publics**
« Tous ces secteurs sont indispensables, il faut les soutenir et l’investissement est incontournable », affirme Vinciane Convens. La semaine dernière, entre 8000 et 15 000 personnes, selon les syndicats, ont manifesté dans les rues de Namur pour critiquer la politique du gouvernement wallon. Ce mardi, les revendications se tournent vers le gouvernement bruxellois, tout en visant également le gouvernement fédéral. « C’est une idéologie qui transpire à tous les niveaux de pouvoir », déclare la représentante de la CNE. « Le gouvernement fédéral prend des mesures contre le monde du travail de manière beaucoup plus globale et intenable, comme l’allongement du temps de travail, le saut d’index, le malus pension. C’est tout un bulldozer qui est ralenti par les mobilisations mais qui va faire beaucoup de mal au monde du travail ».
Les responsables politiques ne sont pas des chefs de ménage.
À son tour, Laurent Pirnay de la CGSP souligne la convergence des mesures des différents gouvernements : « Il y a une vision idiote des politiques qui pensent que, quand un budget n’est pas équilibré, il faut forcément réduire ses dépenses. Les responsables politiques ne sont pas des chefs de ménage qui, eux, n’ont qu’un levier : réduire les dépenses. Les responsables politiques ont d’autres choix. Ils peuvent par exemple jouer sur la fiscalité. Si on taxe les grosses fortunes, l’effort d’austérité serait fait ».
En plus des mesures d’économies, les syndicats signalent également un manque de concertation sociale et de suivi des accords déjà signés. « En 2021, nous avons signé un accord qui prévoit une revalorisation salariale pour les aides familiales, qui sont parmi les travailleuses les moins bien payées. Or, elles n’en ont toujours pas vu la couleur. C’est évidemment intenable », déclare Vinciane Convens.
**Ampleur de la grève ?**
Les actions sont attendues principalement dans la Région bruxelloise. La Stib (métro, tram, bus), les hôpitaux publics, les services administratifs, les CPAS, les crèches communales, la collecte des déchets… tous ces secteurs devraient répondre à l’appel à la grève. Il est encore difficile d’évaluer l’ampleur du mouvement, mais les syndicats rapportent un grand sentiment de ras-le-bol parmi les travailleurs des services publics.
Bien que la plupart des actions soient prévues à Bruxelles, la Wallonie pourrait également être impactée. Certaines communes wallonnes ont déjà prévu de fermer leurs services et crèches. Des conducteurs au TEC pourraient également débrayer dès le début de la journée, entraînant l’absence de certaines lignes de bus. Il est conseillé de suivre la situation via les sites ou applications des différents opérateurs.
La mobilisation à Bruxelles aura aussi des conséquences dans les services publics wallons.
Vinciane Convens de la CNE souligne que les choix des gouvernements ont des répercussions à plusieurs niveaux : « Si vous regardez les mesures prises par le gouvernement bruxellois, il y a des secteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme la petite enfance ou les écoles, qui sont concernés sur des postes particuliers. C’est le cas des ACS, les agents contractuels subventionnés, qui occupent des postes essentiels dans nos écoles et crèches. C’est pour cela que la mobilisation à Bruxelles aura aussi des conséquences en Wallonie ».
Du côté de la CGSP, on confirme que les retours du terrain indiquent des perturbations également en Wallonie.
Est-ce là la dernière action du front commun syndical ? Pas du tout… « Le moment le plus important, ce sera à l’automne », déclare Laurent Pirnay de la CGSP. « On veut que les mobilisations qui sont suivies depuis 18 mois continuent à se propager à l’automne pour poursuivre le combat face aux futures mesures budgétaires que le gouvernement fédéral va nous annoncer et qui auront un impact sur les services publics ».
