Grève chez Bpost : syndicats quittent négociations, direction demande levée blocages
La direction et les syndicats de Bpost se sont rencontrés ce mardi après des discussions « intenses » qui ont eu lieu lundi, mais les syndicats ont quitté la réunion sans avoir trouvé d’accord. La ministre Vanessa Matz demande au ministre de l’Emploi David Clarinval de désigner un conciliateur social pour relancer la concertation, notant que le conflit social, qui a commencé fin mars, est entré dans sa troisième semaine.
La direction de Bpost et les syndicats se sont réunis ce mardi après des discussions qualifiées d’ »intenses » qui ont occupé une bonne partie de la journée de lundi. Cependant, à la mi-journée, les syndicats ont quitté la réunion sans parvenir à un accord avec la direction de Bpost.
« On a fait plusieurs propositions qui ont été balayées d’un revers de la main », a déclaré Thierry Tasset, secrétaire général de la CGSP Poste, à la RTBF. « À côté de cela, ils voulaient que l’on signe une paix sociale et une reprise immédiate du travail. »
Les syndicats réclament l’intervention d’un médiateur externe pour sortir de cette impasse. « Les patrons restent bloqués sur leurs positions et nous sur les nôtres. On nous a indiqué que la situation devait rester dans cet état sans modification. Donc ce n’est plus une négociation, mais une imposition », a constaté le syndicaliste. « Il faudrait peut-être plutôt un traducteur puisque, apparemment, nous ne parlons pas la même langue. »
La direction de Bpost affirme que les syndicats bloquent tous les centres de distribution à Bruxelles, empêchant ainsi les facteurs souhaitant travailler de livrer les colis et lettres. Elle exige la levée de ces blocages, selon le porte-parole Mathieu Goedefroy. « Nous demandons que la concertation reprenne sans blocages ni chaos », ajoute-t-il.
L’entreprise a également précisé qu’elle ne souhaite pas déroger au plan qui prévoit de faire commencer le personnel jusqu’à deux heures plus tard. « Nous souhaitons toutefois limiter l’impact et chercher des solutions au cas par cas pour les personnes rencontrant des difficultés », a-t-il ajouté. Le porte-parole a également confirmé que le plan inclut des compensations.
La ministre chargée des Entreprises publiques, Vanessa Matz, a demandé la désignation d’un conciliateur social afin de sortir de cette situation bloquée. Elle souligne que les discussions sont dans une impasse et rappelle avoir déjà tenté de rapprocher les positions des parties « par le dialogue et l’écoute ». Vanessa Matz appelle donc le ministre de l’Emploi, David Clarinval, à désigner un conciliateur social pour relancer la concertation et trouver une issue au conflit. « Il est indispensable que le dialogue reprenne rapidement. Une solution doit être trouvée dans l’intérêt de l’entreprise, de ses travailleurs et de l’ensemble des citoyens. »
Le conflit social, survenu de manière spontanée fin mars suite à l’annonce par la direction d’un plan de transformation, est entré dans sa troisième semaine. Les grévistes dénoncent en particulier la volonté de la direction de modifier les horaires de travail des facteurs.

