« Avril pourrait être pire que mars : alerte de l’AIE sur la crise énergétique. »
Il s’est tenu une rencontre entre Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, Ajay Banga, président de la Banque mondiale, et le patron de l’AIE afin de coordonner la réponse des trois institutions aux répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient. La Commission européenne a déclaré qu’il n’y avait actuellement pas d’indice de pénuries de carburant dans l’Union européenne, mais que des difficultés d’approvisionnement pourraient survenir dans un avenir proche, particulièrement pour les carburants pour avions.
Il s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), et Ajay Banga, président de la Banque mondiale (BM). Cette réunion avait pour objectif de coordonner les réponses des trois institutions aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient.
« Il s’agit de la plus importante crise énergétique de l’histoire. Et elle concerne le pétrole et le gaz naturel mais aussi d’autres produits de base essentiels, comme les engrais, les produits pétrochimiques ou encore l’hélium », a expliqué le directeur de l’AIE.
Face à cette situation, les trois organisations internationales souhaitent « mettre en commun (leurs) capacités d’évaluation afin de suivre non seulement la crise mais également comment les pays y répondent », a précisé Kristalina Georgieva.
Dans cette optique, le FMI et la Banque mondiale ont indiqué qu’ils peuvent chacun mobiliser au moins 20 milliards de dollars pour venir en aide aux nations les plus affectées.
« Si la crise se prolonge, nous réorienterons d’autres projets, ce qui nous permettrait de mettre à disposition dans les six prochains mois un total de 50 à 60 milliards de dollars », a affirmé Ajay Banga en évoquant les capacités de financement de la BM.
De nombreuses infrastructures endommagées
La crise devrait perdurer même après la fin du conflit à cause « des dégâts sur les infrastructures » des pays producteurs de pétrole et de gaz du Golfe, a averti Mme Georgieva.
Selon l’AIE, plus d’un tiers des infrastructures énergétiques de ces pays ont subi de graves dommages durant le conflit qui a débuté le 28 février avec l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, laquelle a entraîné une réponse de Téhéran, notamment par le blocage du détroit d’Ormuz.
Fatih Birol a cependant noté un aspect positif, rappelant que plus de 80 % des réserves stratégiques mondiales restaient disponibles.
Il a encouragé les pays à « ne pas mettre en place de restrictions sur les exportations » et à agir comme « membre responsable de la communauté internationale ».
La Commission européenne inquiète pour l’approvisionnement en kérosène
« Actuellement, il n’y a pas d’indice de pénuries de carburant dans l’Union européenne, mais des difficultés d’approvisionnement pourraient survenir dans un avenir proche, en particulier pour les carburants pour avions », a déclaré Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne.
L’exécutif mène de nombreuses concertations avec les États membres et l’industrie. Lors d’une réunion du groupe de travail « Union de l’énergie », il a été confirmé que les fournitures en pétrole brut des raffineries de l’UE demeuraient stables. Ces dernières couvrent 77 % de la consommation de l’UE, le reste étant importé.
Les réunions des groupes de coordination de l’UE sur le pétrole et le gaz sont désormais hebdomadaires, présidées par la Commission, réunissant les États membres et l’industrie. Ces rencontres visent à examiner les possibilités de partage de capacités de raffinage et d’explorer des canaux d’importation alternatifs.
L’exécutif doit publier la semaine prochaine, à la veille d’un sommet informel de l’UE à Chypre, des propositions pour un ensemble de mesures visant à contenir la crise de l’énergie.

